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Vendredi de la 3ème semaine du Carême

13 mars 2026.

Années Paires

Ex 35,30 – 36,1 ; 37,1-9

Miséricorde inlassable

Homélie de saint Claude la Colombière (17ème siècle)

    Nulle langue ne peut exprimer, nul esprit ne peut comprendre quelle est la perte que nous faisons, lorsque l’âme se sépare d’avec Dieu par le péché, puisque nous perdons l’amitié de Dieu, puisque nous perdons Dieu même. Cependant, c’est étrange de voir avec quelle indifférence on fait cette perte du plus grand de tous les biens. Cela ne me surprend guère : c’est que nous ne savons pas ce que nous faisons ; nous ne connaissons presque pas Dieu ; et la passion étouffe en nous le peu de connaissance que nous en avons. Mais ce qui m’étonne, c’est que Dieu qui connaît parfaitement notre néant, Dieu qui ne fait nulle perte effective, lorsque nous nous séparons de lui, ce qui m’étonne, dis-je, c’est que Dieu témoigne, à cette séparation, une si grande douleur, et qu’il s’empresse si fort pour nous faire revenir. Et ceci n’est point une rêverie. C’est l’Évangile qui le dit, c’est de Jésus Christ lui-même que nous l’apprenons. (…)

 Toutes les fois que nous perdons la grâce de Dieu, Il en est affligé jusqu’au fond de l’âme ; il en est aussi troublé qu’un pauvre berger qui a perdu une de ses brebis ; autant qu’une pauvre femme qui, n’ayant que dix pièces d’or en tout son bien, s’aperçoit qu’une de ces pièces lui manque. (…)

L’ardeur avec laquelle Dieu nous poursuit est sans doute un effet d’une très grande miséricorde. Mais la douceur dont ce zèle est accompagné marque une bonté encore plus admirable. Malgré le désir extrême qu’il a de nous faire revenir, il n’use jamais de violence, il n’emploie pour cela que les voies de la douceur.