Saints Willibrord et Ernest

07 novembre 2026.

Le zèle pour le salut des âmes

D’une Homélie de saint Jean Chrysostome (5ème siècle)

Rien ne peut nous rendre autant imitateurs du Christ que le soin que nous prenons de notre prochain. Quand bien même tu jeûnerais, quand bien même tu te coucherais sur la terre nue, quand bien même tu te détruirais par des mortifications, si tu ne t’inquiètes pas du salut de ton prochain, tu n’as pas fait grand-chose ; tu es encore fort éloigné de l’idéal chrétien. (…)

Dis-moi, si un homme voyait un aveugle prêt à tomber dans un précipice, et ne lui tendait pas la main, cet homme ne mériterait-il pas d’être puni comme un meurtrier ? Eh bien, que faut-il penser de ceux qui voient leurs frères courir à leur perte tous les jours, et qui ne font rien pour les retenir ? Ne sont-ils pas mille fois plus coupables ?

Ne me dis pas : « Je suis un homme simple, je n’ai pas d’éloquence, je ne peux pas instruire les autres. » Même si tu n’as qu’un seul talent, il t’a été donné pour que tu le fasses fructifier au profit des autres. Le Christ n’a pas versé son sang pour une seule personne, mais pour toutes les âmes. Si donc Lui a souffert la croix pour elles, quelle excuse aurons-nous si nous ne voulons pas même leur adresser une parole pour les relever ?

Il n’y a rien de plus froid qu’un chrétien qui ne s’emploie pas à sauver les autres. Tu ne peux pas prétexter ta pauvreté pour t’en dispenser, car la veuve qui donna ses deux petites pièces te condamnerait. Pierre lui-même a dit : “Je n’ai ni or ni argent”. Tu ne peux pas prétexter ton ignorance, car les apôtres étaient des hommes illettrés et de condition très humble, et pourtant ils ont converti le monde. Ne me parle pas de ton manque de santé, car Paul était infirme de corps et a travaillé plus que tous les autres.

Que chacun prenne donc à cœur le soin de son frère. C’est là le véritable zèle, c’est là l’amour que le Christ nous demande.