6 novembre 2026.
Années Paires
Sg 16, 2b-13.20-26
Au commencement était le Verbe
D’une Homélie de saint Basile (4ème siècle)
Parmi les évangélistes, celui qui a le langage le plus sublime, dépassant tout entendement et toute intelligence, c’est Jean, le « fils du tonnerre ». Nous avons dans l’oreille le début de l’Évangile : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était tourné vers Dieu, et le Verbe était Dieu »…
Notre esprit désire-t-il savoir qui était « au commencement » ? « Le Verbe », nous dit Jean. Pourquoi : « Verbe » ? Pour qu’il soit évident qu’il procède de la pensée. Pourquoi « Verbe » ? Parce qu’il est engendré sans passion. Pourquoi « Verbe » ? Parce qu’il est l’image de Celui qui l’engendre, le monde tout entier en lui-même, n’en sépare rien, et qu’il existe, parfait, par Lui. De la même façon, notre parole est l’image de toute notre pensée : ce que nous pensons en notre cœur, nous l’exprimons par notre parole ; ce que nous disons est l’image et la copie du concept caché dans le cœur. Le cœur est comme une source, la parole prononcée est comme un petit ruisseau qui sort de cette source. Ce qui coule, c’est ce qui est d’abord sorti de la source, et tel est ce qui est caché, tel est ce qui apparaît.
« Le Verbe était Dieu. Celui-ci était au commencement auprès de Dieu ». De nouveau, en très peu de paroles, comme en raccourci, l’Évangéliste rappelle toute sa théologie au sujet du Fils de Dieu. Qu’est « Celui-ci » ? Dieu, le Verbe… Ne regarde pas au-dehors, en le cherchant de tous côtés, celui que te présente cette parole. Entre plutôt dans les secrets cachés de ton âme, et tu apprendras qu’il est Dieu au commencement, et qu’il en procède comme « Verbe tourné vers Dieu ». Le connaissant et l’admirant, et adorant ton Maître résidant en toi par la doctrine, sache qu’ »Il était dès le commencement », c’est-à-dire toujours, avec Dieu, son Père.
