24 juillet 2025.
Commentaire RB 4, 63
63 Pendant le Service de Dieu, à l’oratoire et dans le monastère, au jardin et en chemin, dans les champs et partout où il se trouve, assis, debout ou en marche, le moine a toujours la tête penchée et il regarde vers la terre.
Après nous avoir invité à être vrai, à ne pas paraître saint avant de l’être ; après nous avoir invité à obéir à l’abbé même lorsqu’il agit autrement que ce qu’il dit, saint Benoît nous demande à tous de mettre en œuvre tout ce qu’il nous demande dans ce chapitre 4.
Praecepta Dei factis cotidie adimplere
Ces préceptes de Dieu les mettre en œuvre, de fait, chaque jour.
« Accomplir, chaque jour, par ses actes, les préceptes de Dieu ».
L’expression est forte. Elle vient du Christ lui-même, qui est venu accomplir la Loi et les Prophètes, c’est-à-dire leur donner leur plénitude de sens. Chacun de nous, à la suite du Christ, est responsable de cet accomplissement.
Oui, je suis un pauvre et je dois l’accepter et l’accueillir et ne pas jouer au saint, et cela que je sois un postulant ou que je sois le prieur ; c’est important et vital d’avoir fait cette démarche, mais ma pauvreté, ce n’est pas un drapeau que j’agite pour m’identifier et dire « ne me touchez pas », ou encore « ne me demandez rien » ou une cuirasse que j’utilise pour me protéger ; Jésus ne peux pas me sauver si je m’enferme dans ma pauvreté comme dans un ghetto, je dois chercher à me convertir, à bouger, à obéir aux appels de Dieu, à l’abbé, aux frères et cela même si c’est difficile pour moi.
Lorsque je prépare mes commentaires de la Règle ou mes homélies sur l’Évangile, je me sens souvent condamné par ce que j’écris, et pourtant… c’est en acceptant devant le Christ qui m’aime que quelque chose doit bouger dans ma vie et que je dois faire ce qu’il me demande que, petit à petit, l’on essaye d’avancer… C’est long, ce n’est pas rapide, mais c’est cela la vérité du chemin et le sens de notre présence ici.
La Règle ce n’est pas d’abord un discours spirituel sur lequel on construit des théories, c’est concret, c’est pour moi, pour ma conversion.
C’est chaque jour que ces instruments sont à reprendre comme les outils pour le jardin, pas seulement en désir, mais « de fait » ; pas seulement quand j’en ai envie, mais « chaque jour ».
C’est en agissant ainsi que, peu à peu la Règle me permettra de vivre l’Évangile et que s’opèrera une lente et profonde conversion et libération. En attendant, il faut sans cesse recommencer, repartir, tomber, se relever. Comme le disent les bambaras : « dooni dooni, ji be don ko ro » (c’est petit à petit que l’eau rentre dans le marigot).

Commentaire RB 4, 27-33