17 juillet 2026.
Années Paires
Jb 6, 1-30
La souffrance de Job
D’un commentaire du Père Jean Daniélou (20ème siècle)
Le premier trait que met en valeur l’auteur du livre de Job est le caractère insupportable de la souffrance. (…) Contre cette souffrance, Job proteste de tout son être. Il n’a nulle complicité avec elle. Il n’y a pas trace non plus chez lui de résignation. L’image du “patient Job” sera une élaboration postérieure. Rien n’est moins patient que le Job authentique. Il témoigne de l’existence de la souffrance et ne peut pas faire autre chose. Rien ne peut le soulager. Les paroles de consolation apparaissent comme une dérision. Une seule chose est possible devant elle : la combattre ou la partager. La souffrance apparaît ainsi comme une situation limite, qui est au-delà du discours. Et c’est pourquoi les discours des amis de Job apparaissent dérisoires. Sa souffrance introduit au cœur du mystère de l’existence. (…)
La souffrance de Job introduit au mystère de l’homme, elle introduit aussi au mystère de Dieu. Car, si Job ne se reconnaît pas responsable de son malheur, il n’en accuse pas Dieu. Ce serait encore réduire la souffrance au discours ; position également rationnelle. C’est celle qui conduit tant de modernes à la révolte. Si Dieu existe, il est impossible, disent-ils, que les justes soient malheureux. Ceci est contraire à toute justice.
Mais pour Job, il y a un Dieu qui est juste, et pourtant il y a la souffrance des justes. Ceci est inexplicable, mais ce qui doit céder, ce n’est pas Dieu, c’est l’explication. Ceci veut dire simplement qu’il n’est pas plus possible de faire un discours sur Dieu qu’il n’est possible d’en faire un sur l’homme. Dieu est juste et l’homme est juste, et cependant la souffrance existe ; aussi faut-il confesser que Dieu est un mystère et que l’homme est un mystère.
