Solennité de Saint Benoît

11 Juillet 2026.

Un grand arbre !

D’un sermon de Saint Bernard (12ème siècle)

Nous célébrons aujourd’hui… le glorieux Benoît. À ce très doux nom, il faut vous attacher, et l’honorer avec une joie sans réserve, car saint Benoît est votre chef, votre maître, votre législateur. (…) Il fut un arbre grand et fécond, le bienheureux Benoît. « Planté auprès du cours des eaux », ce saint confesseur du Seigneur porta son fruit « en son temps ». Car il y a des arbres qui portent du fruit, mais pas « en leur temps ». Et c’est bien là un reproche à l’encontre de ceux qui prétendent porter du fruit avant leur temps. De fait, lorsque nos arbres bourgeonnent plus tôt qu’il ne faudrait, ne sommes-nous pas dans une grande crainte pour leurs fleurs trop hâtives ? Ainsi en est-il dont les fruits périclitent parce qu’ils poussent trop vite. Tels sont ceux qui, dès le début de leur conversion, se flattent de porter immédiatement du fruit pour les autres : en dépit des préceptes de la Loi, ils se hâtent de labourer avec le premier-né de la vache et de tondre le premier-né de la brebis !

Voulez-vous savoir avec quel soin notre saint maître a évité une telle hâte ? Voici le rameau que je vous apporte : trois années durant, connu de Dieu seul, il demeura ignoré des hommes. En vérité, il porta un fruit considérable, mais « en son temps ». Il ne croyait pas, en effet, que le temps était venu pour lui de porter du fruit, tant que la tentation de la chair pesait sur lui à tel point qu’il était tout près d’y céder, tout près de s’en aller. Mais l’heure vint où il produisit des fruits « en son temps ». De ces fruits, il y en a trois dont il vous faut goûter : sa sainteté, sa justice, son amour. Ses miracles font foi de sa sainteté, son enseignement témoigne de son amour, sa vie, de sa justice.

Si je t’apporte ses miracles, est-ce pour que tu prétendes en faire, toi aussi ? Non, assurément, mais pour qu’en prenant appui sur eux, tu te sentes confiant et joyeux d’être placé sous la garde d’un tel pasteur, de pouvoir compter sur un tel protecteur. Car il est certes tout-puissant dans les cieux, celui qui s’est montré si puissant sur la terre. (…)

Enfin la justice de sa vie nous fortifie et nous anime au point que nous brûlons de faire ce qu’il a enseigné, dans la mesure même où nous sommes assurés qu’il n’a enseigné rien d’autre que ce qu’il a fait. C’est, en effet, une parole vivante et efficace que l’exemple de ce qu’on fait, rendant d’autant plus persuasif ce que l’on dit, qu’on montre possible ce qu’on enseigne à faire.