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Samedi après les Cendres                                                    

21 février 2026.

Années Paires

Ex 3, 1-20

Le buisson ardent

Méditation de saint Grégoire de Nysse dans « La Vie de Moïse »

(4ème siècle)

Si nous nous établissons dans la paix et le repos, la Vérité nous éclairera, illuminant de ses rayons les yeux de notre âme. Dieu est cette Vérité qui se manifesta un jour à Moïse par une mystérieuse apparition. Il n’est pas indifférent à notre quête d’apprendre que l’âme du prophète fut illuminée par l’éclat de flammes jaillissant d’un buisson d’épines. Car si Dieu est Vérité, la Vérité est aussi Lumière. Telles sont les expressions sublimes employées par l’Évangile pour désigner Dieu rendu visible à nos yeux dans la chair.

Il s’ensuit qu’une vie sainte nous permet de connaître cette lumière qui s’est abaissée jusqu’à la nature humaine. Elle ne rayonne pas de quelque luminaire situé parmi les astres, mais sortant d’un simple buisson de la terre, son éclat surpasse pourtant celui de toutes les étoiles.

(…) L’éclat de cette lumière nous enseigne d’abord ce qu’il faut faire pour rester dans le rayonnement de la Vérité : des pieds emprisonnés dans des chaussures ne peuvent pas courir vers la hauteur où resplendit l’éclat de la Vérité. Il nous faut quitter ces chaussures qui gênent notre marche, toutes ces peaux mortes dont nous fûmes revêtus à l’origine, lorsqu’après avoir désobéi au commandement divin, nous fûmes mis à nu.

Lorsque nous aurons quitté ces chaussures, la Vérité se manifestera d’elle-même. Car purifier une croyance portant sur ce qui n’est pas, permet de connaître ce qui est. C’est, à mon avis, la définition de la Vérité d’être une saisie certaine de l’Être. L’erreur, elle, est une illusion qui se produit dans l’esprit, et qui donne à ce qui n’est pas une apparence d’existence. Or il faut passer de longs moments dans le recueillement, à méditer des sujets si importants, pour parvenir à saisir péniblement ce qu’est vraiment l’Être qui possède l’existence par nature, et ce qu’est le non-être qui a seulement l’apparence d’exister, mais n’a de lui-même aucune réalité.

(…) Qu’il s’agisse de Moïse ou de tout homme qui comme lui se dépouille, aujourd’hui encore, de son vêtement terrestre et se tourne vers la lumière qui vient du buisson, – c’est-à-dire vers le rayon issu des épines de la chair, et qui est la vraie Lumière de la Vérité, – une fois qu’il est parvenu à Lui, l’homme devient alors capable d’aider aussi les autres à se sauver.