30 juillet 2025.
Mercredi de la 17ème Semaine du Temps Ordinaire
Mt 13, 44-46
La meilleure part
D’une homélie de saint Augustin
(…) Marthe et Marie étaient deux sœurs, proches non seulement par le sang mais encore par la piété. Toutes deux, elles s’attachèrent au Seigneur, toutes deux se mirent d’un seul cœur à son service au temps de sa vie ici-bas. Marthe le reçut comme on reçoit d’ordinaire les voyageurs. Toutefois, c’était une servante qui accueillait son Maître, une malade son Sauveur, une créature son Créateur. Elle le reçut, nourrie dans son esprit, le nourrissant dans la chair. Le Seigneur, en effet, avait voulu prendre la forme d’un serviteur, et ensuite être nourri par des serviteurs, par bonté, et non par nécessité. Car ce fut par bonté qu’il accepta d’être nourri. Il avait une chair soumise à la faim et à la soif ; mais ne savez-vous pas que des Anges le servirent, lorsqu’il eut faim dans le désert ?
Marthe, en préparant le repas du Seigneur, avait de multiples occupations. Marie, sa sœur, choisit plutôt d’être nourrie par le Seigneur. Elle laisse, en quelque sorte, sa sœur s’occuper de bien des choses, et s’assied elle-même aux pieds du Seigneur et, en repos, elle écoutait sa parole. Son oreille très fidèle avait entendu : “Reposez-vous et voyez que je suis le Seigneur !”. Celle-là s’agitait, celle-ci se rassasiait ; celle-là s’occupait de beaucoup de choses, celle-ci n’en considérait qu’une. Ces deux attitudes étaient bonnes, mais dirons-nous quelle était la meilleure ? Nous avons ici qui interroger, écoutons-le sans murmurer. Que lui dit-il ? “Marthe, Marthe !”. Cette répétition est une marque d’affection ou un moyen d’éveiller son attention. Pour qu’elle l’écoute plus attentivement, il l’appelle par deux fois : “Marthe, Marthe !”, écoute : “tu t’occupes de beaucoup de choses, mais il n’y en a besoin que d’une”, c’est-à-dire une seule est nécessaire. Non pas qu’il n’y ait qu’une chose à faire, mais celle-là, l’unique qu’a choisie Marie c’est l’œuvre ; elle est avantageuse, elle est nécessaire.
Le Seigneur dit donc à Marthe : “Marie a choisi la meilleure part”. Il ne dit pas, Marthe, que la tienne est mauvaise, mais que celle de Marie est meilleure. Voilà pour toi, Marthe, une parole apaisante. Tu es bénie dans ton bon service, et ton labeur aura le repos pour récompense. Maintenant tu es occupée par de multiples tâches ; tu veux nourrir des corps mortels, bien que ce soient ceux des saints. Mais lorsque tu seras parvenue dans la patrie, y trouveras-tu un hôte à recevoir, un affamé à qui rompre le pain, un assoiffé à qui donner à boire, un malade à visiter, un querelleur à réconcilier, un mort à ensevelir ? Là-bas, il n’y aura rien de tout cela. Mais qu’y aura-t-il ? Ce que Marie a choisi ; là-haut nous serons nourris sans avoir à nourrir. Là-haut s’accomplira pleinement et parfaitement ce que Marie a choisi ici-bas : de cette table opulente de la Parole du Seigneur, elle ramassait les miettes. Veux-tu savoir ce qu’il y aura là-haut ? Le Seigneur lui-même le dit de ses serviteurs : “En vérité, je vous le dis : le maître les fera s’asseoir à sa table et il les servira”. Être assis à sa table, n’est-ce pas se reposer ?
