8 octobre 2026.
Années Paires
Si 5, 1 – 6, 4
Magnanime pauvreté
D’une Homélie de saint Léon le Grand (5ème sièle)
Quand Jésus dit : « Heureux les pauvres en esprit », il nous montre que le Royaume des cieux sera donné plutôt à ceux qui sont humbles de cœur qu’à ceux qui n’ont pas de richesses. Il n’est pourtant pas douteux que les pauvres obtiennent plus facilement ce bien que les riches, car la pauvreté des uns les incline davantage à la bonté, et la richesse des autres les porte plus à l’arrogance. Et pourtant nombre de riches possèdent cet esprit qui met l’abondance au service non pas de leur prestige, mais bien des œuvres de bienfaisance. Pour eux, le plus grand gain est ce qu’ils dépensent pour soulager la misère et la peine d’autrui.
L’humilité du cœur est donc donnée en partage à des hommes de toute condition, car ils peuvent être égaux quant aux dispositions, sans l’être quant à la fortune. Quelle que soit l’inégalité de leurs biens terrestres, il n’y a pas de distance entre ceux qui sont égaux au niveau des biens spirituels. Heureuse donc la pauvreté qui ne désire pas augmenter ses richesses d’ici-bas, mais aspire à s’enrichir des biens célestes.
Après le Seigneur, les premiers qui nous ont donné l’exemple de cette magnanime pauvreté, ce sont les apôtres. Laissant là sans hésiter tous leurs biens à l’appel du divin Maître, ils se sont joyeusement convertis et ont abandonné leur métier de pêcheurs de poissons, pour devenir pêcheurs d’hommes. Beaucoup leur sont devenus semblables en imitant leur foi, quand chez les premiers-nés de l’Église, « tous les croyants n’avaient qu’un cœur et qu’une âme ». Dépouillés de toutes leurs possessions, ils étaient enrichis des biens éternels grâce à une pauvreté pleine d’amour. Depuis la prédication des apôtres, ils se réjouissaient de ne rien avoir en ce monde et de tout posséder dans le Christ.
