16 juillet 2026.
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Jb 5,1-27
Dieu répondit à Job
D’une réflexion du théologien Hans Küng (20ème siècle)
Le livre de Job est un drame monumental. Ce drame consiste dans un va-et-vient incessant et déchirant entre le doute et la confiance, la révolte et l’abandon, la foi et l’incroyance. Job veut accepter la justice de Dieu, pourtant elle lui paraît une contradiction. Il veut croire, et il est désespéré. Il cherche recours en Dieu et il lui faut l’accuser.
Déchiré, Job oscille entre la résignation et le blasphème. Comment sortira-t-il jamais de la contradiction ? Sans cesse il se cabre devant l’incompréhensibilité de Dieu, et sans cesse, désespéré, il s’abîme à nouveau dans sa propre misère. (…) Le plus grand tourment de Job dans sa souffrance sans borne est que Dieu lui-même semble être son adversaire, son ennemi. La façon d’agir de Dieu lui paraît d’une violence effroyable. (…)
En présence du Dieu vivant, il ne reste plus à l’homme révolté que le balbutiement, que le silence. Pour l’amour de ce Dieu, on peut consentir à ce monde malgré toutes ses énigmes, malgré toutes les souffrances et le mal qu’il renferme. À la lumière de la grandeur, de la gloire et de la toute-puissance de Dieu, l’homme reconnaît sa bassesse, sa misère et sa faiblesse. Y a-t-il pour lui pire attitude que de se crisper sur lui-même ? Or c’est ce qui se produit quand il prétend se justifier devant Dieu. C’est plus qu’une erreur, c’est un péché. C’est une atteinte à la justice divine… Tant que l’homme cherche lui-même à calculer le bien et le mal, ce pour quoi il n’a ni qualité ni capacité, son regard reste figé sur lui-même. Et tant qu’il est ainsi captivé par lui-même, l’homme ne peut s’ouvrir à l’incompréhensibilité, à la sagesse et à la bonté de Dieu. L’homme ne trouvera le chemin de Dieu qu’en renonçant de toute manière à se justifier lui-même.
