28 décembre 2025.
Années Paires
Ep 5, 21 – 6, 4
L’Église de Bethléem
Méditation du Cardinal Albert Decourtray (20ème siècle)
L’Église de Bethléem, c’est cette femme et cet homme penchés sur un berceau en forme de mangeoire. Marie encore tout émue, mais rassurée par la présence de son merveilleux compagnon, médite « en les portant en son cœur » les événements qui viennent de bouleverser sa vie …
Joseph veille sur l’enfant et sa mère : sur l’enfant, si proche et si lointain, qu’il a mission de protéger, de reconnaître et de nommer ; sur la mère, qui lui inspire tant de tendresse et de vénération. Serviteur disponible et vigilant, il attend que Dieu lui fasse signe à nouveau.
L’enfant dort, se réveille, sourit, pleure, boit avec bonheur le lait maternel, sourit encore, se rendort. Parfois, il s’agite un peu, murmure vaguement, sort le bras, essaye de se réveiller et ne le peut pas. À peine perceptible, sa respiration rythme le silence de la nuit. Une paix indicible inonde le cœur des parents. Inattendue comme le souffle qui s’exhale, l’existence éternelle emplit la chambre, égale à toutes ces pauvres choses innocentes et naïves. Quand il est avec nous, nul mal ne nous arrive.
L’Église de Bethléem, ce sont les bergers, ces fils d’Israël méprisés par la synagogue, marginaux … enveloppés de lumière, … envoyés par le messager céleste. Ils trouvent Marie, Joseph, le nouveau-né couché dans la mangeoire et s’en vont, tout joyeux, le raconter aux autres et le chanter à Dieu.
L’Église de Bethléem, ce sont les mages, ces fils de l’Orient, … conduits par un astre à chevelure d’or vers le Roi de leurs rêves. Ils se prosternent, offrent leurs cadeaux et s’en retournent chez eux en suivant le nouveau chemin que Dieu leur indique.
