3 août 2025.
Commentaire RB 5,1-5
1 Le premier échelon de l’humilité, c’est d’obéir tout de suite.
2 Obéir de cette façon convient à ceux qui pensent :
3-4 Dès qu’un supérieur leur commande quelque chose, ils ne peuvent pas attendre pour obéir. C’est comme si Dieu lui-même leur commandait. Ils font cela à cause du service saint qu’ils ont promis, ou bien parce qu’ils ont peur de souffrir loin de Dieu pour toujours, ou bien parce qu’ils espèrent la gloire de vivre avec lui pour toujours.
5 Le Seigneur parle d’eux quand il dit : (Psaume 17, 45).
L’obéissance, creuset d’humilité.
Le rapport de l’humilité et de l’obéissance est un trait récurrent de la Tradition monastique, Benoît le fait sien lorsqu’il commence ainsi le chapitre 5 sur l’obéissance :
Le premier degré de l’humilité est l’obéissance sans délai. L’obéissance convient à ceux qui estiment n’avoir rien de plus cher que le Christ.
C’est en raison de cet amour préférentiel pour le Christ que Benoît reconnaît possible l’obéissance : c’est l’amour qui rend obéissant et non pas l’inverse !
Pourtant, au chapitre 7 sur l’humilité, le premier degré de l’humilité est défini autrement, il s’agit de la garde de la présence de Dieu.
Réfléchissons sur cette apparente contradiction :
L’obéissance est mise en correspondance avec la recherche de la présence de Dieu, c’est là le premier degré de l’humilité (RB 7) or la recherche de la présence de Dieu est considérée par la tradition monastique comme le but de la vie monastique (cf. Conférence I de Cassien)…
Refuser le désespoir sur soi c’est être humble, c’est refuser de garder les yeux fixés sur sa difficulté à faire non plus sa volonté propre, mais la volonté de Dieu ; c’est refuser de garder les yeux fixés sur l’incohérence de sa vie eu égard à l’amour préférentiel du Christ. C’est opter pour l’espérance en Dieu en cherchant sa présence, c’est-à-dire en consentant à la patience, à cet acte, qui « nous rend participant aux souffrances du Christ pour être admis à partager son règne « [1].
[1] RB Pr 50.

12 septembre