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23 octobre

23 octobre 2025.

Ctaire RB 16

1 Le Prophète dit : « Sept fois par jour, j’ai dit ta louange » (Psaume 118, 164).
2 Ce nombre sacré de sept, voici comment nous le garderons : en accomplissant les devoirs de notre service à Laudes, Prime, Tierce, Sexte, None, Vêpres et Complies.

3 En effet, le Prophète parle de ces heures de la journée quand il dit : « Sept fois par jour, j’ai dit ta louange. »

4 Pour les Vigiles de la nuit, le même Prophète dit : « Au milieu de la nuit, je me lève pour te louer » (Psaume 118, 62).

5 C’est pourquoi offrons nos louanges à notre Créateur « pour ses décisions justes » (Psaume 118, 164) à ces moments-là, c’est-à-dire à Laudes, Prime, Tierce, Sexte, None, Vêpres et Complies. Et la nuit, levons-nous pour le louer.

Dans la tradition monastique de l’Orient rapportée par Cassien, les Offices constituaient des rappels à la prière, des exercices ascétiques. L’idéal aurait été de pouvoir s’en passer sans cesser de demeurer en présence de Dieu. Cassien donne même en exemple les moines qui ne se réunissaient que deux fois par jour, mais compte tenu du caractère un peu débile des moines gaulois, il conseille à ses lecteurs provençaux de se réunir sept fois par jour.

Benoît maintient cette pratique monastique recommandée par Cassien, il garde les heures de l’Office monastique ; mais, pour lui, respecter les heures, c’est avant tout, respecter l’équilibre des choses, correspondre aux besoins de la nature humaine.

L’autre élément novateur où Benoît enrichit et renouvelle la théologie de l’Office monastique, c’est lorsqu’il place la journée dans un cycle liturgique, hebdomadaire et annuel, celui de la célébration du mystère du Christ. 

Dans la RB, c’est la solennité pascale qui détermine l’heure et la manière de célébrer l’Office, elle est la date « passage » de l’hiver à l’été. Elle détermine aussi la manière de vivre, de manger, de travailler. Benoît n’emprunte pas cette vision des choses à la tradition monastique, mais à la pratique de l’Église de Rome.

Le travail, le sommeil, la nourriture, comme l’Office, varient en fonction de la date de Pâques. Toute l’existence personnelle et communautaire est insérée dans une participation à la Pâque du Christ. La vie tout entière du moine voulue par Benoît est une dynamique pascale.

Dans ces chapitres sur l’Office, Benoît nous enseigne donc une double attitude pour mener notre vie monastique qui dépasse largement la question de l’Office : à la fois, aimer et respecter nos pratiques monastiques et aimer l’Église de son temps. Aimer l’Église, c’est aimer l’humanité et consentir à sa propre humanité, c’est aussi croire que Dieu parle aux hommes de ce temps.

Nous ne sommes pas appelés à vivre en autarcie spirituelle, nous sommes membres du Peuple de Dieu. L’oublier, ce serait développer une conception étriquée de la vie monastique et emboîter le pas à toutes les déviances historiques de la vie monastique, toutes mortifères.

Ce double attachement, à la vie monastique et à l’Église, permet de mener humblement la vie monastique, le cœur dilaté par la vie de l’Esprit.