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10 août 2025.

19ème Dimanche du Temps Ordinaire

Année C

Lc 12, 32-48

Alléluia. Alléluia.
Veillez, tenez-vous prêts :
c’est à l’heure où vous n’y pensez pas
que le Fils de l’homme viendra.
Alléluia. (cf. Mt 24, 42a.44)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Sois sans crainte, petit troupeau :
votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume.
    Vendez ce que vous possédez
et donnez-le en aumône.
Faites-vous des bourses qui ne s’usent pas,
un trésor inépuisable dans les cieux,
là où le voleur n’approche pas,
où la mite ne détruit pas.
    Car là où est votre trésor,
là aussi sera votre cœur.
    Restez en tenue de service,
votre ceinture autour des reins,
et vos lampes allumées.
    Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces,
pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte.
    Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée,
trouvera en train de veiller.
Amen, je vous le dis :
c’est lui qui, la ceinture autour des reins,
les fera prendre place à table
et passera pour les servir.
    S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin
et qu’il les trouve ainsi,
heureux sont-ils !
    Vous le savez bien :
si le maître de maison
avait su à quelle heure le voleur viendrait,
il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
    Vous aussi, tenez-vous prêts :
c’est à l’heure où vous n’y penserez pas
que le Fils de l’homme viendra. »
    Pierre dit alors :
« Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole,
ou bien pour tous ? »
    Le Seigneur répondit :
« Que dire de l’intendant fidèle et sensé
à qui le maître confiera la charge de son personnel
pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ?
    Heureux ce serviteur
que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi !
    Vraiment, je vous le déclare :
il l’établira sur tous ses biens.
    Mais si le serviteur se dit en lui-même :
‘Mon maître tarde à venir’,
et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes,
à manger, à boire et à s’enivrer,
    alors quand le maître viendra,
le jour où son serviteur ne s’y attend pas
et à l’heure qu’il ne connaît pas,
il l’écartera
et lui fera partager le sort des infidèles.
    Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître,
n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté,
recevra un grand nombre de coups.
    Mais celui qui ne la connaissait pas,
et qui a mérité des coups pour sa conduite,
celui-là n’en recevra qu’un petit nombre.
À qui l’on a beaucoup donné,
on demandera beaucoup ;
à qui l’on a beaucoup confié,
on réclamera davantage. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

L’histoire, vue avec des yeux humains, est presque toujours un cauchemar.  Cela est vrai aujourd’hui, comme ce l’était au temps des prophètes de l’Ancien Testament et à l’époque de Jésus.  Il y a toujours plus de scandales, d’oppression et d’agression, plus de guerre et de nettoyage ethnique que nous ne pouvons imaginer.

Nous devons cependant replacer tout cela dans un contexte plus large, en relation avec le passé certes, mais surtout en relation avec l’avenir.  Car si le passé peut nous aider à comprendre ce que nous vivons aujourd’hui, c’est l’avenir qui donne son sens à ce que nous vivons aujourd’hui.  C’est pourquoi Jésus nous invite à être prêts pour le jour de la rencontre finale avec notre Dieu.  Et cela nous pouvons l’apprendre de nos ancêtres dans la foi, le Peuple d’Israël.

            Dieu, comme le concevait le Peuple d’Israël, était le Dieu de l’Exode, de l’Exil, de la Promesse.  La conception païenne de dieu était celle d’une présence immédiate et conduisait à une religion des idoles.  Israël n’avait pas d’idoles ; Israël adorait le nom du Dieu de la Promesse, et cette religion créait une histoire — une histoire sacrée qui était moins l’expérience d’un changement continue que l’attende d’un accomplissement.

Ils vivaient toujours dans le présent, mais ce qu’ils vivaient recevait son sens de ce qui leur était promis pour l’avenir ;  et leur espérance pour l’avenir était fondée sur l’amour que Dieu leur avait manifesté dans le passé.

La première lecture d’aujourd’hui, tirée du livre de la Sagesse, nous parle de la sainte nuit de l’Exode, durant laquelle le Peuple d’Israël fut conduit hors d’Égypte par Jahvé.  Puis, la lecture de l’Évangile fait allusion à la Grande Nuit de la Résurrection du Christ des mort.  Ni l’une ni l’autre de ces deux nuits ne fut la fin d’un processus historique.  La Résurrection ne fut la fin de rien.  Le sépulcre vide ne fut pas comme le pensait Hegel, le mémorial de la nostalgie.  La résurrection du Christ, comme l’Exode de l’Égypte, fut un événement qui ouvrait sur l’avenir, qui affirmait de nouveau et confirmait la promesse de Dieu.

            Le sens ultime de notre existence ne se trouve pas dans les événement passés du peuple d’Israël, qui sortait d’Égypte il y a environ trois mille ans, ou de Jésus, qui sortait du tombeau il y a environ deux mille ans.  Ce sens ultime se trouve dans la résurrection de toute l’humanité, dans la libération totale de tous les êtres humains de l’esclavage du péché, de l’oppression, de la guerre.  C’est pourquoi l’appel de Jésus à être prêts et vigilants n’est pas un appel à la passivité.  C’est un appel à être activement attentifs, un appel à travailler personnellement et lucidement à la réalisation de la Promesse.

Il ne faut pas entrer dans l’histoire à reculons en regardant en arrière.  Ce à quoi nous sommes appelés, c’est de construire un avenir qui rendra plus proche la libération finale et totale, en vivant authentiquement et de façon responsable notre présent.

            Nous ne savons pas avec exactitude ce que sera l’avenir de notre société, de notre Église, de notre communauté.  Mais nous croyons (dans la Foi) qu’il y aura un avenir et nous savons que cet avenir est dans les mains de Dieu et qu’il sera réalisé avec notre coopération.  Et le fondement de cette foi est que nous savons ce que Dieu a été pour nous dans le passé.

            Plusieurs de nos plans n’ont pas fonctionné ; beaucoup de nos attentes ne se sont pas réalisées.  Comme les disciples d’Emmaüs, marchant ensemble sur le chemin, nous énumérons souvent ceux de nos espoirs qui ne se sont pas réalisés.  La foi dans la présence de l’Étranger marchant à nos côtés nous assure qu’il est vraiment ressuscité et que, tôt ou tard, avec notre participation, la résurrection finale de toute l’humanité aura lieu.

            Célébrons cette foi dans l’Eucharistie que nous allons maintenant continuer.