3 avril 2026.
Années Paires & Impaires
D’une homélie de saint Jean Chrysostome sur la Croix (4ème siècle)
La croix nous a ouvert aujourd’hui le paradis fermé. Car aujourd’hui Dieu y introduit le larron. Il accomplit ainsi deux grandes merveilles : il ouvre le paradis et il y fait entrer un brigand. Il lui a rendu son antique patrie, il l’a ramené dans la cité de son père. “Aujourd’hui, dit-il, tu seras avec moi dans le paradis”. (…) La croix est un spectacle horrible ; pour que tu n’en détournes pas ton visage en regardant cet aspect de la croix, mais pour que regardant la puissance du Crucifié, tu sois rempli de joie, c’est le même Jésus qui te montre sa force. Car ce n’est pas en ressuscitant un mort, en commandant à la mer et au vent, en chassant les démons, mais c’est crucifié, attaché par des clous, couvert d’insultes, de crachats, de railleries et d’outrages que Jésus attire à lui la mauvaise disposition du larron. Vois sa puissance qui brille de deux façons : Il ébranle toute la création, fend les rochers, et attire l’âme du voleur, plus dure que la pierre ; il lui accorde son estime et il lui dit : “Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis”. (…)
Certes, aucun roi ne permettrait jamais à un brigand ou tout autre de ses sujets, de s’asseoir à ses côtés lorsqu’il fait son entrée dans une ville. Mais le Seigneur, ami des hommes, l’a fait. A son entrée dans sa sainte patrie, il y introduit un brigand avec lui. Ce n’est certes pas qu’il déshonore le paradis par la présence d’un brigand, mais il l’honore davantage. Car c’est une gloire pour le paradis d’avoir un tel maître qui puisse rendre un bandit digne des délices du Paradis. C’est de cette manière qu’il se montre le Seigneur du Royaume des cieux, quand il peut faire que les publicains et les prostituées soient dignes d’un tel honneur et d’un tel don.
