28 novembre 2025.
Années impaires
Ez 40, 1-4 ; 43, 1-12
L’homme se tenait à la porte
D’une Homélie de saint Grégoire le Grand
L’homme qui parlait au prophète Ézéchiel avait sans doute le visage tourné vers l’intérieur de la maison, le dos à l’extérieur. Mais le prophète, lui, tournait certainement son visage vers la porte d’où il entendait venir les paroles de son interlocuteur. Le prophète regarde vers la porte, car celui qui écoute la Parole de Dieu doit tourner sans cesse les yeux de son cœur vers le jour de sa délivrance, songer continuellement au jour où il quittera cette vie pour aller vers les joies éternelles. Car Dieu s’est incarné pour nous ramener à lui par la vision de sa beauté.
Nous aussi, quand nous commençons à faire fi de l’enclos de la chair, à franchir les étroites limites de notre condition mortelle par le désir de l’immortalité, à tendre vers la liberté de la lumière d’en haut, à commencer à désirer ardemment les joies de la patrie céleste, nous tenons les yeux dirigés vers la porte. Avides de passer des sacrements temporels aux réalités éternelles, nous tournons le dos, pourrait-on dire, à la vie présente, et présentons le visage de notre cœur au désir de notre délivrance...
Il se dirige donc vers la porte celui qui regarde les joies de la vraie liberté et brûle de la franchir maintenant ; mais il ne le peut encore. Il en fut ainsi d’Élie : quand il entendit la voix de Dieu lui parler, on nous dit qu’il se tint à la porte de sa caverne et se voila le visage. Quand, par la grâce de la contemplation, la voix de l’intelligence divine se fait entendre à notre âme, l’homme n’est plus tout entier à l’intérieur de sa caverne, car son âme, dégagée des soucis de la chair, se tient à la porte, pense à sortir des étroites limites de son corps mortel. Mais l’homme qui se tient à la porte de sa caverne et perçoit les paroles de Dieu par l’oreille de son cœur, doit se voiler le visage : quand la grâce d’en haut nous permet de comprendre des choses plus élevées, plus la lumière reçue a été éclatante, et plus nous devons nous cacher nous-mêmes à nos propres regards, par l’humilité.
Homélies sur Ézéchiel, II, 1, 1618
