7 janvier 2026.
Années Paires – Is 56, 1-8
Le Verbe s’est fait chair
Méditation du Père Karl Rahner (20ème siècle)
Dieu a énoncé sa parole dernière, définitive, qui embrasse tout et ne peut plus être rapportée. Il l’a insérée réellement dans le monde en sorte qu’il ne peut pus la retirer, qu’il ne peut plus l’interpréter d’une nouvelle manière par une autre parole. Il a énoncé cette parole en insérant au milieu de ce monde sa propre Parole éternelle, cette Parole qui l’exprime lui-même tout entier. Ainsi lui-même est devenu dans la chair de cette humanité, une pièce même de ce monde.
Du fait que cette Parole est restée le Verbe même de Dieu, tout en devenant réellement, effectivement, une pièce de ce monde, Dieu a créé ainsi une réalité définitive qui ne peut plus être rapportée. Le Dieu éternel s’est déterminé de telle sorte que, maintenant, le monde lui-même a été définitivement entraîné dans la miséricorde éternelle et n’a plus qu’un but qui le dépasse infiniment et qui pourtant est bien son but : Dieu en personne. Lorsque nous nous agenouillons pour dire : « Et le Verbe s’est fait chair », nous disons : ce n’est pas le jugement qui est le dernier mot de Dieu, mais c’est sa miséricorde ; ce n’est pas sa distance infinie, mais sa proximité indescriptible ; ce n’est pas sa sainteté dévorante, mais son amour inexprimable, par lequel il se donne lui-même à ce qui n’est pas Dieu.
Or si le Verbe s’est fait chair, c’est parce qu’une vierge de notre race a ployé le genou devant le message de l’ange, et que, dans la liberté de son cœur, dans l’abandon total et sans réserve de son être, elle a dit : « Qu’il me soit fait selon ta parole ». dieu a voulu ce libre amour de sa créature comme le porche par lequel le Verbe éternel du Père est entré dans le monde pour introduire à jamais ce monde dans sa propre vie…La maternité divine de la Sainte Vierge est donc, tout à la fois pure grâce de Dieu et acte de la Vierge.
Marie, mère du Seigneur, 74
