Vendredi de la 27ème semaine du T.O

9 octobre 2026.

Années Paires

Si 6, 5-37       

La fidèle amitié

Commentaire du Père Degeest (20ème siècle)

Les Philippiens ont fait parvenir un don à saint Paul prisonnier à Rome. Celui-ci, après les avoir remerciés vivement, souligne que, ayant apprécié le don matériel, il apprécie encore plus le don de la fidèle amitié.

Les circonstances de son apostolat lui ont appris à se contenter de peu et à ne pas abuser de l’abondance. La dure école pratique de plusieurs années de voyages, d’accueil et de bannissements, d’amitié et de rebuffades, d’abondance et de détresse, l’a instruit dans l’art d’utiliser toutes les circonstances de la vie pour avancer dans son effort d’évangélisation. Pourquoi saint Paul parle-t-il ainsi aux Philippiens qui lui ont apporté du secours ? Non pas pour leur dire qu’il aurait pu s’en passer mais pour les enseigner sur un point capital. En effet, où saint Paul trouve-t-il tout secours et toute aide ? Et donc où les Philippiens eux aussi doivent-ils les chercher ? Dans le Christ Jésus. « Je puis tout en Celui qui me fortifie ». La force du Christ rend saint Paul capable de tout entreprendre, de tout accomplir, de tout supporter. Cette force à elle seule est suffisante.

Mais ce qui touche le vieil apôtre au cœur et dont il remercie les Philippiens, c’est qu’ils prennent part à sa souffrance. De plus, en participant ainsi à son épreuve, ils participent indirectement à son travail, à son apostolat. Leur témoignage de communion le touche d’autant plus qu’il sent venir la solitude. Les églises qu’il a fondées ne lui sont guère fidèles par suite de leurs dissensions internes ; des éléments actifs y entretiennent des dissentiments contre lui. Elles ne pensent pas à l’aider, à se compromettre pour lui, ou bien elles ne le veulent pas. La sensation de la solitude et de l’abandon lui fait apprécier d’autant plus le témoignage de communion que les Philippiens lui envoient.