4 septembre 2026.
Années Paires
2 Tim 2, 22 – 3, 17
Prends ta part de souffrance !
Méditation du Père Louis-Joseph Lebret (20ème siècle)
Le thème de la croix est quelque peu usé, parce que trop de chrétiens en ont abusé. Ils ne font que gémir sous leurs croix bénignes, les mille difficultés courantes de la vie que tant de non chrétiens savent courageusement affronter. Ils sont fatigants à force de ressasser leurs médiocres ennuis. En fait, ils n’ont pas su sortir d’eux-mêmes pour rencontrer vraiment le Christ et se fondre en lui. Ils n’ont pas compris que la Croix n’est pas un fardeau à traîner, mais une vie à accepter joyeusement, bien que l’on soit broyé.
La vie avec le crucifié, dans le crucifié, est le don de soi à son vouloir. Elle est le compagnonnage qui devient chaque jour plus intime sur le chantier de l’effort et de la douleur, la coopération assidue avec celui qui en lui a tout commencé et qui veut nous associer pleinement à son œuvre.
Tant que la croix n’est pas dans notre peau, comme la charpente qui soutient tout en notre corps, nous n’avons pas compris le Christ. De là nos impatiences, nos colères, nos lamentations, nos injures, nos duretés. Chrétiens inscrits sur les listes de chrétienté, nous ne sommes pas encore chrétiens pleinement insérés dans le Christ. Parce que nous désirons sa lumière et sa paix, nous répugnons à le suivre dans la souffrance qu’il endura pour nous. Nous voudrions être configurés à sa gloire sans être configurés à sa douleur, lui ressembler sans que les fléaux sociaux nous inquiètent, sans que les guerres dans lesquelles nous ne sommes pas engagés nous émeuvent, sans que les tortures et les déportations subies par autrui nous mettent en malaise, sans que le sort de la multitude des êtres humains qui comptent pour rien, nous intéresse… Mais l’on rencontre, ça et là, à travers le monde, des physionomies rayonnantes de sacrifiés en qui s’est réfugiée la vraie valeur, des êtres humains qui se sont unis à la souffrance universelle de Jésus, et que cette souffrance a libérés et jetés en Dieu.
