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Vendredi 1e semaine de l’Avent

5 décembre 2025.

Années paires

Is 19,16-25

La grâce de l’Avent

Méditation de KARL RAHNER

En ce temps de l’Avent, vivons notre foi avec plus d’intensité et d’intériorité que jamais. (…) C’est le moment de vaincre cette mélancolie qu’engendre la considération du temps, et de se murmurer obstinément au-dedans de soi-même l’affirmation de la foi. C’est le moment de se redire avec foi le langage de la foi qui pourrait être à peu près celui-ci :

Je crois à l’éternité de Dieu, à cette éternité qui s’est abaissée jusqu’à s’introduire dans le temps, ce temps qui sert de cadre à ma propre existence. Oui, du sein de ce mouvement désolant de flux et de reflux qui caractérise le temps de ce monde, voici que monte secrètement la Vie qui ne connaît pas de mort. Elle est déjà là, en moi, du fait que je crois. Ah ! Pour que le cycle désespérant de la naissance et de la mort s’immobilise sur la vraie réalité, j’ai si peu de choses à faire : croire à cet avent de Dieu qui a fait irruption dans notre temps, autrement dit, supporter patiemment la griffe amère et dure du temps et son pouvoir de mort, en refusant de croire qu’il aurait le dernier mot : celui de la négation et du néant.

O mon cœur, écoute ! Voici que Dieu a commencé à célébrer dans le monde et en toi-même son avent ! Voici que, d’une façon si légère et si suave que l’on peut ne pas s’en apercevoir, il a déjà pris dans son cœur le monde et le temps du monde. Voici qu’il a plongé au cœur de ce temps le mystère incompréhensible de sa propre vie, son éternité. Et c’est en toi que s’accomplit une telle merveille ; et nous appelons grâce de la foi ce pouvoir que nous avons de bannir la crainte devant l’écoulement du temps. Ah ! Oui, il a fait à ce temps « de grandes choses », Celui qui se révèle ici plus puissant que le temps, cette créature qu’il a fait surgir du néant pour la racheter et l’intégrer à son éternité.

Jusqu’au jour où tu entendras tomber sur toi la parole divine : « Entre dans la joie de ton Seigneur « , tu seras sous le régime de l’avent. C’est dire que Dieu n’attend pas de toi une joie exubérante : il est si lourd le poids des chaînes auxquelles te rive le temps, même si elles ont commencé à tomber de tes mains et de tes pieds ! Tout ce qui t’est demandé, c’est d’entretenir en toi cette joie humble et discrète de la foi qui vit dans l’attente du monde à venir, tant elle est sûre que celui qui tombe actuellement sous nos sens ne représente pas toute la réalité.

Cf. L’homme au miroir de l’année chrétienne, p. ?