St Jean Marie Vianney

4 août 2026.

Prier sans cesse

Extrait de l’encyclique de saint Jean XXIII pour le centenaire de la mort de saint Jean-Marie Vianney (20ème siècle)

Aux prêtres de ce siècle, volontiers sensibles à l’efficacité de l’action et facilement tentés même par un dangereux activisme, combien salutaire est ce modèle de prière assidue dans une vie entièrement livrée aux besoins des âmes que fut le Curé d’Ars ! « Ce qui nous empêche d’être saints, nous autres prêtres, disait-il, c’est le manque de réflexion. On ne rentre pas en soi-même ; on ne sait pas ce qu’on fait. C’est la réflexion, l’oraison, l’union à Dieu qu’il nous faut ». Au témoignage de ses contemporains, lui-même demeurait dans un état de continuelle oraison, dont ni le poids harassant des confessions ni ses autres charges pastorales ne le distrayaient. « Il conservait une union constante avec Dieu au milieu de sa vie excessivement occupée ».

    Écoutons-le encore. Il est intarissable quand il parle des joies et des bienfaits de la prière. « L’homme est un pauvre qui a besoin de tout demander à Dieu ». « Que d’âmes nous pouvons convertir par nos prières ! ». Et il répétait : « La prière, voilà tout le bonheur de l’homme sur la terre ». Ce bonheur, il l’a longuement goûté lui-même, tandis que son regard éclairé par la foi contemplait les mystères divins et que, par l’adoration du Verbe incarné, il élevait son âme simple et pure vers la Trinité Sainte, objet suprême de son amour. Et les pèlerins qui se pressaient dans l’église d’Ars comprenaient que l’humble prêtre leur livrait quelque chose du secret de sa vie intérieure par cette exclamation fréquente, qui lui était chère : « Être aimé de Dieu, être uni à Dieu, vivre en la présence de Dieu : oh ! Belle vie et belle mort ! »