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Sainte Agnès

21 janvier 2026.

Agnès, vierge et martyre

Par saint Ambroise (4ème siècle)

Agnès, dit-on, avait douze ans quand elle subit le martyre. Horrible cruauté qui n’épargna même pas un âge si tendre ! Mais surtout grande puissance de la foi qui, même à cet âge, sut trouver un témoignage ! En un si petit corps, y avait-il place pour une blessure ? Et pourtant il y eut de quoi vaincre le glaive. Les fillettes de cet âge ne peuvent soutenir le regard irrité de leurs parents, elles pleurent pour une piqûre d’aiguille comme si c’était une blessure. Mais Agnès, intrépide entre les mains cruelles des bourreaux, impassible devant le fracas des lourdes chaînes, offre maintenant tout son corps au glaive du soldat furieux. Elle ne sait pas encore ce qu’est la mort, déjà elle est prête à mourir.

Nouveau genre de martyre : elle n’a pas l’âge requis pour le supplice, mais elle est déjà mûre pour la victoire ! Il lui est difficile de combattre, mais facile d’être couronnée. Elle avait contre elle son âge, elle s’affirme maîtresse de vertu.

Une épouse n’irait pas aux noces avec autant de promptitude que cette vierge va au lieu du supplice, heureuse de son sort, le pas alerte. Sa tête a pour parure, non pas des cheveux bien tressés, mais le Christ. Elle est ornée, non de fleurs, mais de vertus. Tous pleurent ; elle reste sans larmes. La plupart s’étonnent qu’elle prodigue si aisément sa vie : elle ne l’a pas encore goûtée, et déjà elle la donne comme si elle en était rassasiée. Tous s’étonnent de la voir témoin, alors que son âge ne lui permettait pas de disposer d’elle-même…

Elle se tient droite, elle prie, elle infléchit le cou. Tu vois le bourreau chanceler comme si c’était lui qui allait au supplice. Sa main craint de frapper ; il redoute pour l’enfant ce qu’elle ne craint pas pour elle-même.

Ainsi en une seule victime, voici un double témoignage : celui de la pureté et celui de la foi. Agnès demeura vierge et parvint au martyre.