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Mardi de la 2ème semaine de l’Avent

9 décembre 2025.

Années paires

Is 24, 19-25, 5

Veillez

D’une homélie de saint John Henry Newman (du 19ème siècle)

Considérons cette très grave question qui concerne chacun de nous si intimement. Qu’est-ce que veiller dans l’attente du Christ ? Celui-ci nous dit : “Veillez donc, car vous ne savez pas quand le maître de la maison va venir, le soir, à minuit, au chant du coq ou le matin, de peur que, venant à l’improviste, il ne vous trouve endormis. Et ce que je vous dis à vous, je le dis à tous : veillez”.

(…)  Qu’est-ce que le fait de veiller ? Je crois qu’on peut le définir à partir de ce qui suit : savez-vous ce que l’on ressent dans la vie courante lorsqu’on attend un ami, que l’on guette sa venue et qu’il tarde ? Savez-vous ce que c’est que d’être dans l’angoisse d’une chose qui pourrait se produire ou dans l’incertitude d’un événement important qui vous fait battre le cœur dès qu’on vous le rappelle, qui revient comme votre première pensée du matin ? Savez-vous ce que c’est que d’avoir un ami, loin à l’étranger, d’attendre de ses nouvelles et de se demander jour après jour ce qu’il fait maintenant et s’il va bien ? Savez-vous ce que c’est que de vivre attaché à quelqu’un que vous suivez des yeux, dans l’âme de qui vous pouvez lire, dont vous remarquez les changements dans le maintien, dont vous anticipez les désirs, avec qui vous échangez les sourires et de qui vous partagez la tristesse, peiné quand il est contrarié, joyeux quand il réussit ? Veiller dans l’attente du Christ est un sentiment analogue à ceux-là dans la mesure où les sentiments de ce monde peuvent donner une image de ceux de l’autre.

Il veille dans l’attente du Christ, celui qui a un cœur sensible, ouvert et accueillant, qui est éveillé, prompt, intuitif, qui se tient aux aguets, ardent à le chercher et à l’honorer. Il veille dans l’attente du Christ celui qui l’attend dans tout ce qui arrive, et qui ne serait ni surpris, ni décontenancé, ni bouleversé s’il était mis tout à coup devant le fait soudain de sa venue.

(…) Il veille avec le Christ celui qui fait mémoire de la croix et de l’agonie du Christ et les revit en sa propre personne, celui qui prend sur lui, avec joie, ce manteau d’affliction que le Christ a porté ici-bas et qu’il a laissé derrière lui quand il est monté au ciel.

Sermons paroissiaux – 4, 280-283