Mardi de la 28ème semaine du T.O

13 octobre 2026.

Années Paires

Si 14, 20 – 15, 10

Liberté et accomplissement

Par le Père Barthélémy (20ème siècle)

À la base de l’Ancien Testament, se trouve ce postulat trop généralement oublié de notre temps : si l’homme ne reconnaît sur soi l’unique autorité de celui qui le modèle, qui le fait exister, très vite cet homme perdra sa liberté. Il se forgera lui-même des mythes ou des pseudo-divinités, se mettra à plat ventre devant d’autres puissances et ne sera plus lui-même. Une seule puissance peut s’imposer à toute la création sans rien violenter : la puissance de celui qui crée tous les êtres, en la plénitude de sa liberté.

À partir du moment où l’homme ne reconnaît plus cette puissance, ou bien tant qu’il ne l’a pas découverte, d’autres puissances, existantes ou inexistantes, entrent en jeu. Car l’homme a besoin de se donner des maîtres pour ne pas être angoissé par le vide et par le vague d’une condition qui l’ouvre à toutes choses sans lui imposer aucun chemin et le laisse dans l’indécision et l’inconnu. Partout où l’homme n’est plus sous l’emprise de celui qui le modèle, partout où l’homme ignore Celui sous l’emprise duquel il est, il se crée des puissances qui, n’étant pas le Tout-Puissant, ne peuvent que l’asservir et non le libérer. L’homme n’a qu’une façon de découvrir sa liberté, de la vivre, c’est de rester dans les mains de celui qui le fait être lui-même, et qui ne l’asservit pas à autre chose qu’à son bon plaisir de créateur. Bon plaisir qui n’a rien de gratuit, ni de fantasque, ni de sadique, puisque c’est un bon plaisir créateur. Tout ce qui viendra de la bouche de ce Tout-Puissant ne sera que message d’accomplissement intime de sa créature et donc de libération, car la liberté n’est pas simplement le rejet des jougs qui briment, qui défigurent l’épanouissement réel de l’homme. Elle est la possibilité de réaliser en profondeur ce pourquoi l’on est, de trouver son sens profond, d’atteindre son accomplissement. La libération des puissances usurpatrices n’est que la porte qui permet d’accéder à la liberté, mais la marche dans la liberté, c’est l’accomplissement de l’être.