31 août 2026.
Années Paires
1 Tm 6, 1-10
Une foi ancrée dans la charité
Par le Père François-Xavier Durrwell (20ème siècle)
L’acte de foi est autre chose que l’acceptation ferme d’idées reçues et de la mentalité d’un milieu de vie. La foi, comme acte, est une démarche, comme vertu, elle est un habitus dynamique, un mouvement vers le Christ que sans cesse il faut maintenir et renforcer. Loin d’être un repos dans la vérité acquise, la foi est une conquête perpétuelle. On ne croit pas une fois pour toutes, puisque croire, c’est aller au Christ et que, jusqu’à la mort, nous ne serons jamais totalement près de lui. C’est aussi pourquoi, sur terre, on n’aime pas une fois pour toutes, parce qu’il faut encore croire, encore aller à celui qu’on aime. Nous devons aimer toujours à neuf pour toujours aimer, et nous devons à chaque instant, croire avec la fraîcheur originelle et avec élan…
Si, pour parvenir à la foi, un début d’amour est nécessaire, pour s’y maintenir, s’y consolider, il n’est pas d’aussi sûr moyen que d’aimer. L’amour est de toutes, la meilleure disposition pour croire. La foi comporte un mouvement vers Dieu de tout ce qui en nous n’est pas encore fixé en Dieu ; elle provoque une adhésion, et pour la fortifier, la rendre inébranlable, seul est vraiment efficace ce poids de charité qui tire vers Dieu, fixe en Dieu et fait vivre de Dieu. Le chrétien, en tant que terrestre, est encore en mouvement ; mais il est ancré dans les profondeurs éternelles par l’élément d’éternité, la charité, qui est en lui. Ce par quoi l’homme est déjà dans le royaume, maintient ouverte la porte de la foi par laquelle l’homme continue d’entrer. Jusqu’au jour où la porte ouverte sera inutile, quand la charité sera totale, quand le chrétien habitera tout entier dans la maison… Dans un monde où la foi est contrebattue par tout le milieu de vie, ne persévérera dans la foi que celui dont la foi est ancrée dans la charité.
