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23 juillet

23 juillet 2025.

Saint Jean Cassien

Les ministères de Marthe et de Marie

Par saint Jean Cassien

Toute prise par son travail et aux soins pieux de son office de maîtresse de maison, Marthe s’aperçoit qu’elle ne pourra suffire seule à un service aussi absorbant. Elle demande au Seigneur l’aide de sa sœur. (…) Ce n’est certes pas à une œuvre vile qu’elle appelle Marie, mais à un louable ministère. Cependant, quelle réponse entend-elle du Seigneur ? (…)

Le Seigneur place le souverain bien, non pas dans l’action, quelque louable qu’elle soit et abondante en fruits multiples, mais dans la contemplation de lui-même, laquelle est, en vérité, simple et une. Il suffit de peu de choses, déclare-t-il, pour la parfaite béatitude ; et par là, il entend signifier ce premier degré de la contemplation, ou l’esprit s’occupe à méditer les exemples d’un petit nombre de saints. Celui qui en est encore au stade du progrès s’élèvera de cette contemplation pour parvenir à cet unique dont il est parlé, c’est-à-dire à la vue de Dieu seul, avec l’aide de sa grâce. Dépassant alors les actes et les ministères merveilleux des saints eux-mêmes, l’âme n’aura désormais d’autre aliment, que la connaissance de Dieu et la joie de sa beauté.

« Marie donc a choisi la bonne part, et elle ne lui sera pas ôtée. » Ces paroles aussi veulent être considérées attentivement. En disant : « Marie a choisi la bonne part », le Seigneur, il est vrai, se tait sur le sujet de Marthe et ne semble aucunement la blâmer ; mais par le fait même qu’il loue la première, il déclare la seconde inferieure à elle. En ajoutant : « qui ne lui sera pas ôtée », il montre que Marthe peut se voir enlever sa part – un service corporel, en effet, ne saurait persévérer toujours avec l’homme -; mais il enseigne, en revanche, que l’occupation de Marie ne connaîtra jamais de fin.

Conférences, I, 8.