Lundi de la 17ème semaine du T.O

27 juillet 2026.

Années Paires

Jb 29, 1-10 ; 30, 1.9-23

Marcher humblement avec son Dieu

D’une Méditation du Père Eloi Leclerc (20ème siècle)

     Dans un très beau passage de la Bible, le prophète Michée rappelle à Israël ce que Dieu attend de lui : « On t’a fait savoir, homme, ce qui est bien, ce que Yahvé attend de toi : rien d’autre que d’accomplir la justice, d’aimer la bonté, et de marcher humblement avec ton Dieu ».

Ce message, d’une simplicité toute biblique, nous dit ce que doit être essentiellement notre relation avec Dieu. On comprend aisément l’exigence de justice et de bonté. On comprend peut-être moins bien ce que signifient les derniers mots : « Marcher humblement avec ton Dieu ». Que veut dire cette dernière requête ?

Remarquons tout d’abord que l’homme est invité, non pas à se prosterner devant Dieu ni même à se tenir debout devant lui, mais à « marcher avec lui ». Cette image dynamique de la « marche avec » évoque une entente, une complicité dans l’action. On marche ensemble vers un même but, dans la même direction. Être invité par Dieu à « marcher avec lui », c’est être appelé à entrer dans son projet, à collaborer à son Dessein. C’est là évidemment un honneur incomparable.

Mais le prophète précise : « Marcher humblement ». Il ne faut pas oublier, en effet, que c’est Dieu qui nous invite à marcher avec lui. Ce n’est donc pas l’homme qui fixe le but de cette marche, ni le rythme, ni les étapes. L’homme est invité à emboîter le pas, à épouser le Dessein de Dieu. Dieu est le maître du jeu. Le reconnaître et l’accepter suppose de notre part une vraie conversion.

Le plus souvent, en effet, c’est nous qui demandons à Dieu de « marcher avec nous », d’entrer dans nos desseins, de bénir nos projets et d’en assurer le succès. Et nous croyons même lui faire honneur en implorant son aide et son secours. Or, « marcher humblement avec Dieu », c’est tout le contraire. Il s’agit de se laisser conduire par lui, sur le chemin qu’il a choisi, en nous remettant totalement à lui. C’est vraiment épouser son Dessein sur nous…Cette humilité-là n’écrase pas : elle élève.