15 septembre 2025.
Notre-Dame des Douleurs
Marie au pied de la Croix.
Poésie anonyme du 4ème siècle.
Pourquoi mon fils as-tu privé de toi ta mère qui t’a enfanté ? Hélas ! que ne suis-je morte en même temps que toi, mon fils ? Maintenant que tu es mort, quelle ville m’accueillera ? Quel hôte procurera à ma faiblesses un refuge ? Aucun.
Je vais donc t’attendre encore un peu de temps, jusqu’au troisième jour, qui bientôt va resplendir, où tu viendras revivre, comme tu l’as annoncé. Car je crois, et mon espérance me protège. Et quand je te vois mort et pendu à la Croix, je gémis plus sur moi-même que sur toi, car tu as vaincu la mort, tu ne l’as pas subie. Si seulement j’étais morte, mon fils, à ta place ! C’est comme si j’avais perdu la vie : c’est la maison des morts que je désire. Je veux aller sous terre, je veux aller dans la nuit qui règne sous la terre, puisque je suis privée de ta vue. Ô douleur, quelle angoisse m’étreint maintenant ! Je ne puis la supporter, ni la dire, mais je meurs…
C’est en vain, mon fils, que je t’ai nourri, toi qui généreusement nourris tous les hommes. C’est en vain que j’ai souffert et peiné, quand j’ai fait fuir les mains de ceux qui voulaient te tuer quand tu étais tout petit enfant.
Je ne puis le croire, même si je gémis, même si je pleure. C’est moi qui t’ai donné le jour, et je sais par quel mystère. Voilà pourquoi j’avais mis en toi les plus grandes espérances. Je pensais que tu veillerais sur ma vieillesse et qu’à ma mort tu m’ensevelirais de tes mains. Mais elle n’est plus, ma douce espérance, maintenant que tu es mort.
In Marie de Maurice Véricel dans ÉGLISE D’HIER ET D’AUJOURD’HUI.
