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Jeudi saint

02 avril 2026.

Années Paires & Impaires

Le repas pascal

Méditation d’Edith Stein (20ème siècle)

Nous savons par les récits évangéliques que le Christ prononça les antiques prières de bénédiction que les Juifs récitent encore aujourd’hui, sur le pain, le vin et les fruits de la terre. En témoigne le récit du soir où, pour la dernière fois, il réunit ses disciples pour accomplir l’un des devoirs les plus sacrés : le solennel repas de la Pâque qui commémorait la délivrance de la servitude d’Égypte.

Là prend naissance la vie de l’Église. Certes, ce n’est qu’à la Pentecôte qu’elle apparaîtra publiquement comme communauté visible et comblée de l’Esprit. Mais ici, en ce repas pascal, s’accomplit la greffe du sarment sur le cep, greffe qui rend possible l’effusion de l’Esprit. Les anciennes prières de bénédiction sont devenues, dans la bouche du Christ, paroles créatrices de vie. Les fruits de la terre sont devenus sa chair et son sang, remplis de sa vie. Les nourritures indispensables à l’épanouissement de l’organisme humain sont radicalement transformées, et si les hommes les prennent avec foi, ils sont, eux aussi, transformés, incorporés au Christ dans une union vivante, et remplis de sa vie divine.

Par le dernier repas du Seigneur, le repas pascal de l’ancienne Alliance est devenu la Pâque de la nouvelle Alliance. Lorsque le Seigneur prit la coupe, il rendit grâces ; nous pouvons songer là aux paroles de bénédiction qui expriment certes une action de grâce envers le Créateur, mais nous savons aussi que le Christ avait coutume de rendre grâce chaque fois qu’avant d’accomplir un miracle, il levait les yeux vers le Père des Cieux. Il rend grâce parce qu’il se sait d’avance exaucé. Il rend grâce pour la puissance divine qu’il porte en lui et par laquelle il va manifester aux yeux des hommes la toute puissance du Créateur.