Jeudi de la 31ème semaine du T.O

5 novembre 2026.

Années Paires

Sg 13, 1-10 ; 14, 15-21 ; 15, 1-6

Les chrétiens dans le monde

De l’Épître à Diognète (fin 2ème siècle)

Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par un pays, ni par une façon de parler, ni par une manière de s’habiller. Car ils n’habitent pas de villes qui leur soient propres, ils n’emploient pas un langage spécial, et leur manière de vivre n’a rien de particulier. Leur enseignement n’est pas sorti de l’imagination fantaisiste d’esprits excités ; ils ne prônent pas, comme tant d’autres, une doctrine qui n’est qu’humaine. Ils habitent cités grecques ou barbares, au gré des circonstances d’un chacun ; ils suivent les usages locaux pour ce qui est de la façon de s’habiller, de se nourrir et de se comporter. Et cependant, ils témoignent clairement d’une manière de vivre qui sort de l’ordinaire.

Ils résident chacun dans sa propre patrie, mais ils y sont comme des gens de passage. Ils s’acquittent de tous leurs devoirs de citoyens, et ils supportent toutes les charges comme des étrangers. Toute terre étrangère leur est une patrie, et toute patrie une terre étrangère. Ils se marient, comme tout le monde ; ils ont des enfants, mais ils n’abandonnent pas leurs nouveau-nés. Ils ont table commune, mais non pas couche commune. Ils vivent dans la chair, mais non pas selon la chair. Ils passent leur vie sur la terre, mais leur cité est dans les cieux. Ils obéissent aux lois établies, mais par leur façon de vivre ils vont bien au-delà.

Ils aiment tous les hommes, et pourtant tous les persécutent. Ils sont méconnus, condamnés, tués ; et par là, ils parviennent à la vraie vie. Pauvres, ils enrichissent un grand nombre ; manquant de tout, ils surabondent en toutes choses. Ils sont méprisés, et ils s’en glorifient ; calomniés, et ils s’en trouvent justifiés ; insultés, et ils bénissent ; outragés, et ils comblent d’honneurs. Ils font le bien, et on les punit comme des scélérats ; même alors, ils sont tout à la joie, comme si on leur offrait la vie. Ils sont pourchassés par les juifs, persécutés par les Grecs ; et aucun de ceux qui les détestent ne saurait dire la cause de sa haine.

En un mot, ce que l’âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde.