29 octobre 2026.
Années Paires
Sg 5, 1-19
Beauté de l’âme purifiée
D’une Lettre du saint moine Jean de Dalyatha (8ème siècle)
Frère, tant que les passions sont dans l’âme, l’homme, où qu’il se trouve, est pour lui-même une ville remplie du tumulte d’un peuple nombreux. C’est là ce que David appelle la “cité”, dont il se délivre en se réfugiant dans le désert, c’est-à-dire la liberté vis-à-vis des passions. Lors donc que l’homme s’est séparé de la cité des passions, il trouve auprès de Dieu la liberté confiante qui lui fait dire : “Qui sera désormais mon espérance, sinon Toi, Seigneur ?” Et lorsque le Très-Bon voit que l’homme s’est séparé de tout, Il lui fait entendre une voix qui le réjouit et le réconforte : “Courage ! Courage ! Je ne te laisserai plus, Je ne t’abandonnerai plus ; et partout où tu iras, je serai avec toi”. Lorsque celui qui se tenait au milieu des pleurs entend cela, il s’écrie comme un enfant, comme le tout petit qui a perçu la présence de son père : “Abba ! Abba ! Abba !”, ne trouvant pas d’autres mots à ces moments-là. Oh, comme est stupéfiant l’amour dont ils font preuve !
Ma plume brûle de la violence de ton feu, ô Jésus ! Ma main s’est arrêtée d’écrire et mes yeux ont été incendiés par les rayons de ta beauté. Mon intelligence a été frappée de stupéfaction par l’émerveillement que tu provoques, et désormais, je me connais comme n’existant plus. Une flamme s’est allumée dans mes os, et des sources ont jailli pour baigner ma chair tout entière pour qu’elle ne se consume pas. Ô fournaise purifiante en laquelle l’Artisan a ôté toute tache à son ouvrage ! Ô manteau de lumière qui nous a dépouillés de notre volonté pour qu’à présent nous revêtions de feu notre intérieur !
Gloire à Toi ! Combien sont admirables tes mystères ! Heureux ceux qui t’aiment, car à tout moment ils resplendissent en ta beauté et Tu leur fais don de Toi-même.
