4 janvier 2026.
Années Paires – Is 60, 1-22
Dans le ciel et sur l’eau
D’une Homélie de Saint Pierre Chrysologue (5ème siècle)
Aujourd’hui, les mages, cherchant celui qui brillerait parmi les étoiles, le trouvent criant au berceau. Aujourd’hui les mages s’étonnent de découvrir, glorieux dans ses langes, celui qui s’était longtemps dissimulé dans le ciel où il demeurait obscur. Aujourd’hui, les mages considèrent avec une profonde stupeur ce qu’ils voient ici : le ciel sur la terre, la terre dans le ciel, l’homme en Dieu, Dieu dans l’homme ; et celui que le monde entier ne peut contenir, enfermé dans le corps d’un tout petit !
Aussi les mages adorent-ils aussitôt celui qu’ils ne sauraient scruter, celui qu’ils ne peuvent saisir. Car ils ne voient pas les étoiles, la lune et le soleil briller autant dans le ciel que cette chair étincelle sur la terre : c’est qu’ils voient dans unique corps, l’union de la divinité et de l’humanité qui se rencontrent. Ils cessent de chercher par la science, ce que la science ne peut trouver ; Maintenant qu’ils le voient, ils croient ce qu’il est, et sans discuter, en lui offrant leurs dons symboliques, ils reconnaissent par l’encens qu’il est Dieu, par l’or qu’il est roi, et par la myrrhe qu’il devra mourir. Ainsi les païens, qui étaient les derniers deviennent les premiers : car la foi des mages inaugure alors la croyance que les païens allaient professer.
Aujourd’hui le Christ, qui va laver le péché du monde, est entré dans le lit du Jourdain. Jean lui-même atteste qu’il est venu pour cela : « Voici l’Agneau de Dieu, dit-il, voici celui qui enlève le péché du monde ». Aujourd’hui le serviteur s’empare du Seigneur, l’homme de Dieu, Jean du Christ ; il s’en empare pour en recevoir le pardon, non pour le lui donner. Aujourd’hui : « la voix du Seigneur est sur les eaux ». Que dit cette voix ? « Celui-ci est mon Fils Bien-Aimé ; en lui j’ai mis tout mon amour ». Aujourd’hui « la voix du Seigneur est sur les eaux », car Dieu, le Père, pour attester que l’on doit croire en son Enfant, se tient près de lui pour certifier qu’il est son Fils.
Homélie pour l’Epiphanie, PL 52, col. 620-622
