31 décembre 2025.
Années Paires
Ct 2, 8 – 3, 5
Celui qui était a été fait
D’une Homélie de Saint Bernard (12ème siècle)
« Au commencement était le verbe ». Mais les bergers ne vinrent en hâte pour le voir que lorsqu’il leur fut annoncé qu’il était fait homme. C’est alors qu’ils se dirent l’un à l’autre : « passons jusqu’à Bethléem et voyons ce Verbe qui a été fait et qu’il nous montre ». Et le texte continue : « ils vinrent en hâte ». Auparavant tant que le Verbe était seulement près de Dieu, ils n’avaient pas bougé. Mais lorsque le Verbe qui était près de Dieu, fut fait homme, lorsque le Seigneur le fit et le montra, alors « ils vinrent en hâte », alors ils accoururent. Ainsi donc « au commencement était le Verbe et le Verbe était près de Dieu », cependant il fut fait homme pour commencer à vivre chez les hommes.
De même aussi, au commencement il était Sagesse, il était Justice, il était Sanctification et Rédemption, mais c’était pour les Anges. Pour qu’il le soit aussi pour les hommes, le Père qui l’a fait tout cela, le Père l’a fait homme. Aussi est-il écrit « Lui qui a été fait pour nous Sagesse, par Dieu ». On n’a pas dit simplement « lui qui a été fait Sagesse » mais « Lui qui a été fait Sagesse pour nous », car ce qu’il était pour les Anges, il l’a été ait aussi pour nous. Lors donc qu’il a été fait tout cela par Dieu, l’Eglise sentit son parfum et accourut. (…)
Que devait-il faire pour toi et qu’il n’a pas fait ? Il a rendu la vue à l’aveugle, délié le prisonnier, remis l’égaré sur le chemin de la bonne voie, fait grâce au coupable ! Qui ne courrait de bon gré et avec joie à la suite de Celui qui délivre de l’erreur, jette un voile sur os errements et ensuite nous apporte des bienfaits par sa vie, et nous assure une récompense par sa mort ? Quelle excuse aurait celui qui ne courrait pas à l’odeur de ses parfums, à moins peut être d’avoir peu perçu son parfum ? Mais cette odeur qui rend la vie s’est répandue sur toute la terre car « la terre est pleine de la miséricorde du Seigneur » et ses bontés s’étendent sur toutes ses œuvres.
Sermon 22 sur le Cantique 3, 5-8
