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28 juillet

28 juillet 2025.

Commentaire RB 4, 72-78

72 Prier pour tes ennemis parce que tu aimes le Christ.

73 Quand tu t’es disputé avec un frère, retrouver la paix avec lui avant le coucher du soleil.

74 Et ne jamais désespérer de la miséricorde de Dieu. 4, 75-78 24 75 Voilà les outils qui aident à travailler selon l’Esprit de Dieu.

76 Si nous les utilisons sans arrêt, jour et nuit, et si nous les rendons à Dieu au jour du jugement, alors, en échange, le Seigneur nous donnera la récompense promise.

77 ce que personne n’a jamais entendu, voilà ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment »
(
1 Corinthiens 2, 9).

78 Et l’atelier où nous ferons ce travail avec soin, c’est la clôture du monastère où nous restons pour toujours avec la même communauté.

 « Ne jamais désespérer de la miséricorde de Dieu »

Ultime instrument proposé au moine qui veut s’exercer à une écoute toujours plus fine de la Parole et de l’Esprit dans le monastère.

73 instruments ont précédé. Nous les avons entendus, réentendus. Le risque peut être alors, soit de ne pas prendre au sérieux le labeur spirituel qui est requis, soit au contraire de s’en effrayer.

C’est alors que ce dernier instrument apporte une lumière inestimable : « ne jamais désespérer de la miséricorde de Dieu ». Nous sommes dans la main de Dieu qui nous reçoit et nous conduit avec nos faiblesses, notre péché et nos fragilités. « Il sait de quoi nous sommes pétris ».

Aussi nous demande-t-il de ne jamais oublier son Amour même si notre conduite nous a menés loin de lui. Il nous faut apprendre à laisser de côté le souci de notre propre perfection, pour nous abandonner toujours plus dans la miséricorde de notre Père.

Ni démission, ni soumission, mais abandon dans la confiance et dans l’amour. «Dieu notre Père est plus grand que notre cœur » !

Ce Dieu qu’on doit aimer de tout son cœur, de toute son âme et de toutes ses forces, c’est le début de ce chapitre 4, on ne le possède pas encore.  On ne peut que le désirer, d’un désir qui est une tension de tout l’être vers l’objet aimé.  C’est pourquoi le verset qui constitue en quelque sorte le sommet de ce chapitre est le verset 46 : vitam aeternam omni concupiscentia spiritali desiderare – « Désirer la vie éternelle d’une ardeur toute spirituelle ».

Il y a une grande différence entre « besoin » et « désir ».  Dieu nous a créés avec beaucoup de besoins humains, mais en tant qu’êtres humains, créés à l’image de Dieu, et appelés à participer à sa nature divine, nous avons quelque chose de plus que le besoin à savoir le désir. 

Si nous sommes attentifs à cette distinction entre « besoin » et « désir », nous pouvons dire que nous désirons Dieu, mais que nous n’avons pas besoin de Dieu, car Dieu ne peut jamais être l’objet (même pas l’Objet avec un grand « O ») de nos besoins.  Nous ne pouvons pas saisir Dieu, nous ne pouvons pas le faire nôtre et le transformer en nous-mêmes. 

Il peut cependant – et Il doit – être l’Objet de notre désir.  La longue série de prescriptions du chapitre 4 de la Règle de saint Benoît « … ne pas voler, ne pas convoiter… aimer le jeûne… visiter les malades.. dire la vérité… ne pas être gros mangeur … s’adonner fréquemment à la prière… etc. »   montre bien que pour Benoît cet intense désir de Dieu n’est pas une expérience mystique occasionnelle et furtive.  Il s’insère dans toute l’épaisseur de notre vie humaine de tous les jours.