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26 septembre

26 septembre 2025.

Vendredi de la 25ème Semaine du Temps Ordinaire

« Tu es le Christ, le Messie de Dieu. – Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup » (Lc 9, 18-22)

Alléluia. Alléluia. 
Le Fils de l’homme est venu pour servir,
et donner sa vie en rançon pour la multitude.
Alléluia. (cf. Mc 10, 45)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce jour-là, Jésus était en prière à l’écart.
Comme ses disciples étaient là,
il les interrogea :
« Au dire des foules, qui suis-je ? »
    Ils répondirent :
« Jean le Baptiste ; mais pour d’autres, Élie ;
et pour d’autres, un prophète d’autrefois qui serait ressuscité. »
    Jésus leur demanda :
« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Alors Pierre prit la parole et dit :
« Le Christ, le Messie de Dieu. »
    Mais Jésus, avec autorité,
leur défendit vivement de le dire à personne,
    et déclara :
« Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup,
qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes,
qu’il soit tué,
et que, le troisième jour, il ressuscite. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

 

L’association des termes en ce jour-là (en grec Il advintégénéto, ἐγένετο) et de la prière de Jésus confère au récit une réelle solennité. L’évangéliste associe sa prière à un événement de haute importance, lié à la révélation et à l’avènement du règne : la théophanie du Jourdain (3,21), le choix des Douze (6,12), comme aussi, plus loin, lors de la Transfiguration (9,28.29), pour le don du Notre Père (11,1), avant son arrestation au mont des Oliviers (22,41). La prière de Jésus n’est pas seulement un instant solitaire. Comme au Jourdain elle inscrit l’action et la parole de Jésus dans une pleine communion au dessein de Dieu. La prière de Jésus est tout autant liée au miracle des pains multipliés qu’à la question de Jésus à ses disciples : elle souligne la question de la reconnaissance du Christ.

La question de l’identité de Jésus court depuis le début de son ministère. Tous s’interrogent : les habitants de Nazareth (4,14 : N’est-ce pas là le fils de Joseph ?), les pharisiens (5,21 Qui est-il celui-là ?), Jean le baptiste (7,19 Es-tu celui qui doit venir ?), et plus récemment encore, ses propres disciples (8,25 : Qui est-il donc… ?), sans oublier Hérode (9,9 : Quel est cet homme ?).

 

Ici, c’est la première qu’est prononcé publiquement le christ à propos de Jésus, durant son ministère. Ce terme (christos, χριστός), équivaut au mot messie (de l’hébreu : mashiah, מָשִׁיחַ ) et signifiant, tous deux, celui qui a reçu l’onction. Le lecteur de Luc en était déjà informé dès l’annonce de la naissance de Jésus aux bergers : Aujourd’hui, il vous est né un Sauveur qui est le Christ Seigneur (2,11). Le mot avait été prononcé à propos du baptiste, titre qu’il refusait et destinait à un plus fort que lui (3,15).

Cependant, lors de la prédication de Jésus à Nazareth, ce dernier avait lu ce passage du prophète Isaïe (Is 61,1) : (Lc 4,18) le Seigneur m’a consacré par l’onction, suscitant la première interrogation à son sujet. En reconnaissant en Jésus, le Christ de Dieu, Pierre accorde à Jésus ce titre reçu du Seigneur. Il reconnaît en Jésus celui qui vient accomplir le règne de Dieu, annonçant la Bonne Nouvelle, offrant une libération aux captifs et ce temps favorable de grâce (4,18-19). Pierre reconnaît en Jésus non pas les prémices annonciatrices du royaume, comme Jean ou Élie, mais l’aujourd’hui du royaume. La foi de Pierre représente une réelle reconnaissance du Christ en Jésus et de l’avènement actuel du règne.

 

Le Christ est proclamé par Pierre. Contrairement à Marc et Matthieu, Luc ne mentionne aucune réaction de ce dernier à l’annonce de la mort de Jésus. Cependant, comme pour les autres évangélistes, il faudra attendre le séjour à Jérusalem (20,41 ;22,67), le procès et la crucifixion (23,2.35.39) et surtout la résurrection (24,26.46) pour réentendre ce mot qui aura alors pris tout son sens. C’est bien pourquoi, la profession de foi de Pierre est suivie aussitôt par l’annonce de la Passion du Fils de l’Homme, un titre déjà entendu et associé à l’avènement du jugement dernier. Le silence demandé aux disciples les oblige, ainsi que les lecteurs, à attendre la pleine révélation pour mieux définir ce mot : Christ de Dieu.