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1er Novembre

1 novembre 2025.

Solennité de la Toussaint

Mt 5, 1-12a

« Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! » (Mt 5, 1-12a)

Alléluia. Alléluia.
Venez à moi,
vous tous qui peinez sous le poids du fardeau,
dit le Seigneur,
et moi, je vous procurerai le repos.
Alléluia. (Mt 11, 28)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    voyant les foules, Jésus gravit la montagne.
Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
    Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait.
Il disait :
    « Heureux les pauvres de cœur,
car le royaume des Cieux est à eux.
    Heureux ceux qui pleurent,
car ils seront consolés.
    Heureux les doux,
car ils recevront la terre en héritage.
    Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice,
car ils seront rassasiés.
    Heureux les miséricordieux,
car ils obtiendront miséricorde.
    Heureux les cœurs purs,
car ils verront Dieu.
    Heureux les artisans de paix,
car ils seront appelés fils de Dieu.
    Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice,
car le royaume des Cieux est à eux.
    Heureux êtes-vous si l’on vous insulte,
si l’on vous persécute
et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous,
à cause de moi.
    Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse,
car votre récompense est grande dans les cieux ! »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

« Une foule immense que nul ne pouvait dénombrer, de toutes nations, races, peuples et langues. » La foule immense des bienheureux. C’est cette fresque gigantesque, impossible à décrire, impossible à contenir, que la fête de la Toussaint cherche à déployer sous nos yeux. Serait-elle donc la fête la plus grandiose et la plus somptueuse de toute l’année liturgique ?

La question se pose, et ces deux mots collés l’un à l’autre : TOUS et SAINT, peuvent nous mettre sur la piste. La Toussaint est la célébration anticipée de l’achèvement de l’histoire ; de ce jour où, tous, ensemble, nous serons saints. Tous, et saints. La totalité et la sainteté. La totalité et la sainteté réunies. La totalité… de l’humanité, et la sainteté… de Dieu, puisqu’il est le seul saint et la source de toute sainteté.

Quand nous le verrons tel qu’il est, sa sainteté rayonnante nous illuminera tous ; elle sera comme un jour sans déclin. Et, puisque nous y serons tous, ce sera une véritable plénitude. Totalité et sainteté seront réunis pour toujours : ce sera la Toussaint véritable.

Alors, oui, on peut dire que cette fête de Toussaint est la plus grandiose de l’année liturgique. On ne peut rien imaginer de plus spectaculaire, de plus grand, que la sainteté répandue en tous. « Tous-saints », quand on a dit ça, on a dit le maximum de tout ce qui pouvait être dit. Et les textes liturgiques de ce jour nous le confirment : comme nous le dirons tout à l’heure dans la préface, la Toussaint « célèbre la Jérusalem d’en-haut où nos frères les saints chantent sans fin la louange de Dieu » elle est donc bien la célébration anticipée de l’achèvement et de l’accomplissement de l’Histoire.

Toutefois… il ne faudrait pas oublier que la Toussaint, si belle et si lumineuse soit-elle, n’ajoute rien à la seule vraie fête qui contient déjà la totalité de la sainteté : Pâques !

Ces myriades de petites lumières que représente la multitude des bienheureux, n’ajoutent rien à la victoire du Christ ressuscité. Puisque, tout a été créé dans le Christ, et que, sans lui, en dehors de lui, rien n’existe ; sa victoire à lui, de Ressuscité, est déjà la Toussaint. Pâques contient déjà les prémices de l’entrée en gloire de l’univers transfiguré. Sans Pâques, nous ne pourrions pas fêter la Toussaint. Pâques contient déjà la Toussaint en germe.

Cette Bonne Nouvelle inouïe est peut-être l’article le plus difficile à recevoir de la foi chrétienne : que l’événement pascal, ce qui est arrivé à un homme particulier il y a 2000 ans, puisse concerner l’univers entier de façon aussi décisive, cela est bien difficile à admettre.

Il se peut que cela nous heurte. Au point que nous pourrions ne plus nous sentir concernés, tellement tout cela s’est fait sans nous, malgré nous, et parfois même contre nous quand nous nous rangeons du côté du péché. Effectivement, nous pourrions ne pas nous sentir concernés du tout…

Aussi, je voudrais reprendre quelques mots de la seconde lecture, la lettre de saint Jean, parce qu’elle part précisément de ce désarroi de notre condition actuelle : « ce que nous serons n’a pas encore été manifesté », « cela ne paraît pas encore clairement » ! Elle dit encore : « le monde ne nous connaît pas », le monde ne nous reconnaît pas comme enfants de Dieu… Là nous sommes bien d’accord : la différence entre les enfants de Dieu et les autres n’est pas photosensible ; à l’œil nu, on ne voit rien !

Mais la Lettre affirme et c’est la finale de notre passage, et c’est au présent, c’est pour aujourd’hui, sans attendre : « quiconque met en lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur ».

Laissons-nous percuter par cette dernière phrase !