21 juin 2026.
12ème dimanche du Temps Ordinaire
Année A
Mt 6, 24-34
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
Jésus disait à ses Apôtres :
« Ne craignez pas les hommes ;
rien n’est voilé qui ne sera dévoilé,
rien n’est caché qui ne sera connu.
Ce que je vous dis dans les ténèbres,
dites-le en pleine lumière ;
ce que vous entendez au creux de l’oreille,
proclamez-le sur les toits.
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps
sans pouvoir tuer l’âme ;
craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne
l’âme aussi bien que le corps.
Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ?
Or, pas un seul ne tombe à terre
sans que votre Père le veuille.
Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés.
Soyez donc sans crainte :
vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux.
Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes,
moi aussi je me déclarerai pour lui
devant mon Père qui est aux cieux.
Mais celui qui me reniera devant les hommes,
moi aussi je le renierai
devant mon Père qui est aux cieux. »
Ne craignez pas… soyez sans crainte : Jésus, ce matin, cherche à rassurer des gens qui ont peur. Peur de quoi ? Peur d’afficher leur foi, de manifester leur attachement au Christ, de se déclarer pour lui devant les hommes.
Annoncer aux hommes que Dieu les aime et les appelle à partager sa vie, que Jésus est venu nous montrer le chemin qui conduit à ce bonheur, on pourrait penser que cela intéresserait tout le monde. Eh bien non, cette bonne nouvelle, beaucoup n’en veulent pas, beaucoup cherchent même à se débarrasser de ceux qui l’annoncent.
D’où le climat de persécution dans lequel Jésus donne ces consignes. Pour que tous les hommes puissent recevoir la bonne nouvelle du salut en Jésus Christ, Dieu veut des témoins prêts à donner leur vie. Ce secret que nous recevons dans l’ombre, c’est que Dieu est avec nous et veut que tous les hommes soient sauvés. Et parce que Dieu est avec nous, nous n’avons pas à avoir peur de le proclamer. Nous n’avons pas à cacher ce qui est le sens de notre vie. Cacher le Christ, ce serait le trahir.
Quelle espérance proposerons-nous au monde si nous nous taisons? Comment l’Évangile pourra-t-il se transmettre à travers l’humanité et les générations ? Notre mission est d’anticiper le monde à venir, et nous y répondons en faisant connaître ce qui nous est déjà révélé du mystère de Dieu.
Et ce ne sont pas seulement, ni même principalement, les mots et les phrases, qui portent le message. On parle bien mieux par ce que l’on est, quand notre façon de vivre laisse entendre ce que nous croyons. La parole essentielle qui doit traverser nos vies pour atteindre ceux que nous rencontrons, c’est toujours celle qui dit l’amour de Dieu.
Le Seigneur est avec moi : Jérémie, submergé par les menaces d’une foule hostile et près de perdre pied devant le déferlement de la haine, se raccroche à cette unique certitude : le Seigneur est avec moi. Rien de ce qui nous arrive n’échappe à la volonté bienveillante de Dieu, nous dit à son tour Jésus avec l’image des moineaux. Nous sommes à l’abri dans la main du Père, sa grâce comble la multitude des hommes, cette grâce qui nous est donnée en Jésus Christ. Car Jésus a lui-même eu à surmonter la peur et la tentation de la défiance en remettant sa vie entre les mains de son Père, à l’heure même où il pouvait se croire abandonné de lui. En gardant sa confiance en l’amour de Dieu, alors que toutes les apparences pouvaient le porter à désespérer, Jésus nous apprend, mieux que par tout discours, à ne pas avoir peur de ceux qui ne tuent que le corps. Même notre mort reste soumise à la puissance vivifiante de l’amour, infiniment plus forte que toutes les forces de destruction. Et seule l’espérance d’une résurrection promise à ceux que Dieu a appelés à la vie peut nous rendre libres de toute peur.
Notre célébration de la Passion et de la Résurrection du Seigneur doit être, au-delà du rite, notre façon de nous redire les uns aux autres le sens de notre vie, de nous engager à donner nous aussi notre vie, de quelque façon que ce soit, parce que l’amour ne peut pas faire autrement.

18 juin