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1er décembre

1 décembre 2025.

Années Paires (Is 1, 21-27 ; 2, 1-5)

Vie de la Bienheureuse Anuarite

Anuarite est née le 29 décembre 1939, à Bedegao, un petit village de la forêt à 10 km du centre de Wamba, dans la Province Orientale du Congo-Kinshasa.

Sa mère, Isude Julienne, était une femme douce mais tenace qui savait faire face aux difficultés de la vie. Anuarite était sa quatrième fille quand le père, Amisi Batshuru, aurait voulu au moins un garçon… Il était chauffeur de camion et faisait souvent de longs voyages. En 1940, il s’enrôla dans le corps expéditionnaire qui opéra entre autre en Palestine. De là il envoya une lettre à sa femme en l’invitant à recevoir le baptême avec les enfants, qu’elles reçurent le 17 juillet 1943. La maman s’appela Julienne et les filles : Bernadette, Suzanne, Léontine et Alphonsine.

En 1956, Anuarite, à l’âge de 16 ans, fait son entrée au probandat de la Congrégation des Sœurs de la Sainte Famille. En réalité, trois ans avant, comme sa mère s’opposait à son projet de vie religieuse, la jeune Anuarite s’était hissé, sur un camion qui emmenait les aspirantes, sans avertir qui que ce soit, et s’en fut ainsi à Bafwabaka, où elle demanda son admission. Mise devant le fait accompli, Maman Isude n’eut plus rien à dire. Cette anecdote nous donne un aperçu du caractère bien trempé d’Anuarite, et de sa détermination à suivre le Christ quoi qu’il en coûte.

En 1957 elle est admise au noviciat, sous le nom de Marie-Clémentine. Elle fera sa première profession le 5 août 1959, et renouvellera ses vœux temporaires jusqu’à sa mort.

Anuarite n’était pas spécialement brillante, son intelligence était limitée ; mais elle brillait par ses qualités : sa bonne humeur habituelle, sa serviabilité, sa simplicité et sa vivacité. La devise qu’elle a choisie résume sa vie aussi bien spirituelle que communautaire : servir et faire plaisir. Servir Jésus et chercher toujours à lui plaire, mais aussi servir ses Sœurs et leur faire plaisir, et au-delà servir toute personne comme un frère, une sœur en Christ.

Lorsqu’éclate la rébellion des Simbas, en 1964, Anuarite vit avec ses Sœurs au couvent de Bafwabaka. C’est là que les rebelles les trouvent, le 29 novembre. Arrivées à Isiro le 30 novembre après 18h, les Sœurs sont emmenées d’abord à la villa où résidaient les chefs rebelles. C’est là que les événements dramatiques se précipitèrent.

Le colonel Ngalo, chef des rebelles d’Isiro, avait jeté son dévolu sur Sr. Anuarite, qu’il voulait prendre pour femme. Après le repas, il la fit sortir à l’extérieur pour la conduire à Ngalo, mais sans plus de succès. Il voulut présenter à Anuarite les avantages de devenir la femme du grand chef des rebelles, mais elle lui répondit qu’elle était fiancée à Jésus pour qui elle devait se garder entièrement. Dans un accès de colère, il la frappa avec la crosse de son fusil, en plein front. Se redressant, Anuarite s’écria avec joie : « C’est ça que je voulais ! C’est ça que je voulais ! ». Il se mit à la frapper plus violemment avec une colère grandissante. Enfin, Anuarite tomba au sol en lui déclarant : « Je te pardonne parce que tu ne sais pas ce que tu fais ». Pris d’une peur quasi mystique devant ce qu’il croyait être la manifestation d’un fétiche plus puissant, Olombe appela deux gardes du corps à son secours. L’un d’eux avait un long couteau, une baïonnette. Olombe lui ordonna de frapper Anuarite au flanc. Le soldat la transperça plusieurs fois, Anuarite gémit : « Hou ! Hou ! » Pour l’achever, Olombe prit son révolver et tira sur elle; il l’atteignit au bras gauche et lui broya l’humérus. Olombe entra alors dans la maison ivre de colère et dit aux sœurs : « Je l’ai tuée, comme elle l’a voulu. Venez chercher son corps ». C’était le 1er décembre 1964, à 1h05 du matin

Source : anuarite.org