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19 décembre

19 décembre 2025.

Années paires

Is 47,1-15

L’attente du bien-aimé

D’une Homélie de saint Grégoire de Nysse (4ème siècle)

Heureux celui qui ouvre à qui frappe à la porte ! L’âme qui est toujours tournée vers la béatitude, l’âme qui renonce au sommeil pour veiller sur ses trésors perçoit la présence du Bien-Aimé à la porte et dit : “La voix de mon Bien-aimé frappe à la porte !” Comment mieux décrire l’élan de la Bien-aimée qui s’élance vers son Dieu ?

Voici l’âme tout émue, car pour la première fois elle va accueillir la visite de Dieu. Jamais encore elle n’avait introduit chez elle le Verbe qui l’attend sur le seuil, et la puissance de sa voix la fait tressaillir. Aussi dit-elle que la voix du Bien-Aimé ne l’atteint pas encore directement, elle, mais qu’elle atteint seulement la porte. “La voix de mon Bien-Aimé, dit-elle en effet, frappe à la porte”.

Jusqu’ici l’âme n’a connu du Bien-Aimé que ce qu’elle a pu en comprendre. Mais ce qui n’a pas été saisi est infiniment plus grand que ce qui l’a été. Aussi le Bien-Aimé qui est apparu souvent à l’âme, lui promet qu’elle le verra comme si elle ne l’avait encore jamais vu.

Pour être plus clair, j’apporterai à ce texte une comparaison : supposons quelqu’un qui se trouve près de la source que l’Écriture dit jaillir du sol, à l’origine du monde, une source si abondante qu’elle arrosait toute la terre ; sans doute cet homme en admire-t-il les flots qui émergent des profondeurs et s’écoulent sans fin. Mais peut-il se flatter d’avoir contemplé toute l’eau du monde ? A-t-il vu les eaux qui sont encore renfermées dans le sein de la terre ? Aussi longtemps qu’il demeure au bord de la source, il est toujours au début de sa contemplation de l’eau : car la source ne cesse pas de couler et sourd sans fin.

Ainsi en est-il de celui qui contemple la beauté infinie de Dieu. Quand il découvre que ce qu’il voit est toujours plus nouveau et plus étonnant que ce qu’il a déjà perçu, il admire ce qui lui apparaît sans cesse ; mais le désir de voir ne le quitte pas, car ce qu’il attend est encore infiniment plus magnifique et plus divin que ce qu’il a contemplé. C’est donc pourquoi, ici aussi, la Bien-aimée va de surprise en surprise, d’étonnement en étonnement, sans que jamais son désir de contempler ne s’arrête à ce qu’elle connaît.

11 homélie sur le Cantique, PG 44, col. 997-999