18ème dimanche du T.O

2 août 2026.

Années Paires

Ab 1-21

La pitié du Verbe

D’un Commentaire de saint Athanase (4ème siècle)

Le Verbe de Dieu, incorporel, incorruptible et immortel vient parmi nous. Certes, il n’en était pas loin auparavant, car aucune partie de sa création n’est vide de lui : il remplit tout, en tout lieu, puisqu’il est uni à son Père. Mais il vient, dans sa condescendance, nous manifester son amour pour les hommes. Voyant que tous étaient voués à la mort, il a eu pitié de notre race, il a pris en compassion notre faiblesse, s’est ému de notre déchéance et ne put supporter que la mort domine sur nous.

Pour que sa créature ne périsse pas et que l’œuvre accomplie par son Père en créant les hommes ne soit inutile, il prend lui-même un corps, un corps qui n’est pas différent du nôtre. Car il aurait pu se rendre visible dans un être plus puissant qu’un homme. Mais il prend notre corps. D’une vierge sans faute ni souillure, qui ne connaît pas d’homme, il prend un corps pur et vraiment étranger à toute union humaine. Démiurge tout-puissant de l’univers, en cette Vierge il se construit à lui-même ce corps comme un temple et se l’approprie comme un instrument pour habiter en lui et se faire connaître. Il prend ainsi de chez nous une nature semblable à la nôtre ; et puisque nous sommes soumis à la corruption et à la mort, il livre ce corps à la mort et l’offre au Père, en raison de son amour pour les hommes. (…)

Le Verbe, étant Fils du Père immortel, ne pouvait mourir. Aussi prend-il pour lui un corps mortel afin que, uni au Verbe qui est au-dessus de tout, ce corps puisse mourir pour tous ; afin aussi que, par cette habitation du Verbe en lui, ce corps demeure incorruptible et désormais fasse cesser en tous la corruption par la grâce de la résurrection.Ainsi, victime tout immaculée d’un sacrifice, il livre à la mort ce corps qu’il s’est uni, et il fait disparaître aussitôt la mort chez tous ses semblables par l’oblation où il se substitue à eux.