31 décembre 2025.
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He 2, 9-17
La Mère de Dieu
D’un Commentaire du Père Max Thurian (20ème siècle)
Par suite de la sobriété de l’Évangile, … nous risquons de faire de l’incarnation qu’une apparition de Dieu, au mépris des conditions vraiment humaines de sa présence : l’humble naissance, la maternité humaine de Marie, l’enfance humaine du Christ dans une famille et un milieu humain. Or ce caractère parfaitement humain de la maternité et de l’enfance du Christ est un élément essentiel du fait de l’Incarnation. Dans le Christ, Dieu est vraiment et totalement homme…. Appeler Marie « Mère de Dieu », c’est reconnaître que Dieu s’est incarné si totalement et si réellement en notre chair humaine, qu’Il a une véritable mère humaine, qu’Il a été un fils humain dans une famille humaine.
Dans cette perspective, …pour Marie, Dieu est en Jésus d’une manière unique et Jésus est vraiment le fils qu’elle a enfanté et qu’elle doit élever comme une vraie mère. Marie a une conscience et une connaissance directes du mystère du Fils de Dieu fait homme. Et cette conscience et cette connaissance initiales grandiront au fur et à mesure que Marie verra Jésus aller à sa mission. Par deux fois, l’Évangile nous fait entrevoir cette réflexion de Marie sur le mystère qui l’atteint : « Marie conservait toutes ces paroles et les méditait dans son cœur ». (…) Combien de questions ne dut-elle pas se poser en face de cet être unique dont elle était la mère ! Combien dut-elle l’admirer et combien dut être grand le désir de le contempler et de l’adorer ! Ce contact immédiat de Dieu et de sa mère humaine n’a pu qu’entraîner Marie dans une vie de foi, de piété et de charité unique. Tenir dans ses bras le Fils de Dieu, vivre et manger avec lui, jouir de sa compagnie durant de longues années, ne pouvait que marquer profondément la vie de Marie.
Mais ne l’oublions pas, durant toute cette première enfance du Christ, Marie a vécu dans la foi aux promesses que Dieu lui avait faites lors de la conception et de la naissance de Jésus, et non dans la vision permanente d’un enfant prodige qui se manifesterait comme un Dieu…. Oui, Marie aussi, comme créature humaine, est sauvée par la foi et non par la vue.
