10 février 2026.
Mardi de la 5ème Semaine du Temps Ordinaire
« Vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes » (Mc 7, 1-13)
Alléluia. Alléluia.
Incline mon cœur vers tes exigences ;
fais-moi la grâce de ta loi, Seigneur.
Alléluia. (Ps 118, 36a.29b)
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
En ce temps-là,
les pharisiens et quelques scribes, venus de Jérusalem,
se réunissent auprès de Jésus,
et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas
avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées.
– Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs,
se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger,
par attachement à la tradition des anciens ;
et au retour du marché,
ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau,
et ils sont attachés encore par tradition
à beaucoup d’autres pratiques :
lavage de coupes, de carafes et de plats.
Alors les pharisiens et les scribes demandèrent à Jésus :
« Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ?
Ils prennent leurs repas avec des mains impures. »
Jésus leur répondit :
« Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites,
ainsi qu’il est écrit :
Ce peuple m’honore des lèvres,
mais son cœur est loin de moi.
C’est en vain qu’ils me rendent un culte ;
les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains.
Vous aussi, vous laissez de côté le commandement de Dieu,
pour vous attacher à la tradition des hommes. »
Il leur disait encore :
« Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu
pour établir votre tradition.
En effet, Moïse a dit :
Honore ton père et ta mère.
Et encore :
Celui qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort.
Mais vous, vous dites :
Supposons qu’un homme déclare
à son père ou à sa mère :
“Les ressources qui m’auraient permis de t’aider
sont korbane, c’est-à-dire don réservé à Dieu”,
alors vous ne l’autorisez plus à faire quoi que ce soit
pour son père ou sa mère ;
vous annulez ainsi la parole de Dieu
par la tradition que vous transmettez.
Et vous faites beaucoup de choses du même genre. »
– Acclamons la Parole de Dieu.
« Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi ». Les lèvres et le cœur, voilà ce que le Christ voudrait voir en consonance profonde.
Si nos lèvres rappellent continuellement la Loi pour juger le comportement de notre prochain ou si une conception littéraliste de la Loi sort de nos lèvres pour contredire le mouvement de l’Esprit Saint, le mouvement de la charité, de la Vie tout simplement, alors les lèvres n’expriment pas les mouvements profonds du cœur.
Les deux autres Évangiles synoptiques (Matthieu et Luc) expriment cette même réalité avec d’autres mots : « L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur » (Lc 6, 45 ; cf. aussi Mt 7, 1-20).
Mal parler, dans le sens de dire du mal ou de faire le mal, contredit la bonté du cœur, et c’est là avoir un mauvais cœur ! En revanche, dire du bien, faire du bien, c’est exprimer la bonté du cœur.
Dans l’Évangile de ce jour, Jésus dénonce chez les pharisiens l’attachement à des lois humaines qui, lorsqu’elles sont absolutisées, contredisent le sens profond de la Loi de Dieu.
Ainsi les pharisiens remplacent le commandement de Dieu d’honorer son père et sa mère dans le Décalogue, par le fait de faire une offrande à Dieu, comme si l’argent pouvait se substituer à l’amour que l’on doit à ses parents !
L’intransigeance et l’inhumanité de la parole humaine (même lorsqu’elle prétend honorer Dieu) annule alors la Parole de Dieu.
Jésus est vraiment la clef des Écritures ; saint Bonaventure l’exprime admirablement lorsqu’il écrit : « Pour avancer sur l’océan des Écritures, l’on court au naufrage si l’on ne prend pas le navire qu’est le Christ et le gouvernail qu’est la croix du Christ ».
Qu’est-ce que la Croix, si ce n’est le langage absolu de l’amour qui nous sert en quelque sorte de dictionnaire pour avancer dans les Écritures, celles de l’Ancien et celles du Nouveau Testament ?

2ème dimanche de l’Avent