4 avril 2026.
Années Paires & Impaires
La Croix de Jésus
D’une méditation de Karl Rahner (20ème siècle)
Devant la Croix, il en est beaucoup qui se contentent de passer. Il en est beaucoup également qui s’arrêtent. Beaucoup ne font que passer ! (…) Peut-être éprouvent-ils quelque tristesse, mais de toute façon ils reprennent le cours de leur vie « sérieuse ». Ils passent, les uns la haine au cœur devant ce crucifié qu’ils accusent de vouloir leur ravir le goût de vivre, les autres en proie au regret de Cléophas : « Ah ! Nous avions espéré qu’il délivrerait Israël ! Mais non, voici déjà deux jours que cela s’est passé« . Beaucoup passent ainsi, et vont leur chemin. Serais-je moi aussi de ceux-là ? Ne vais-je accorder qu’un moment d’attention distraite à ce qui représente la vérité la plus vraie de mon existence, à Dieu, à mon salut authentique ? … Car on peut, hélas ! tout en faisant les gestes du chrétien, du bon chrétien pratiquant, passer sans y faire attention devant la Croix du Christ, jusqu’à ce que soit passé à son tour le temps de la vie terrestre.
Mais nombreux aussi sont ceux que la Croix baigne de sa lumière. Et nombreux ceux qui s’arrêtent. Car c’est là qu’ils ont tout trouvé. Je les vois venir, se jeter à genoux et baiser les plaies du Seigneur. Venez, pécheurs, ou plutôt, car nous le sommes tous, venons devant cette Croix. Car c’est nous qui l’avons crucifié, ce sont nos péchés dont il est chargé, c’est notre péché qui a engendré la mort dont il est la victime. Sa souffrance et sa mort sont l’œuvre de nos mains pécheresses. Venons baiser ces plaies que nous lui avons infligées nous-mêmes. Venez, vous qui souffrez, et répandez vos larmes devant la Croix de Jésus. Est-il une détresse, si désespérée qu’elle soit, dont il n’ait partagé la nuit ? Des larmes qui ne soient sanctifiées par les siennes ? Une souffrance guettée par la désespérance que n’adoucisse en rien le fait de savoir qu’elle a été supportée par le Fils de l’Homme, qui était aussi le Fils de Dieu ?
