Saint Grégoire le Grand

3 septembre 2026.

Compassion et contemplation : les deux vertus du pasteur

De la « Règle pastorale » de saint Grégoire le Grand (6ème siècle)

      Que le pasteur ait une compassion proche de chacun en même temps qu’une contemplation qui l’arrache à la terre plus que tout autre : par les entrailles de sa bonté paternelle il reportera sur lui l’infirmité des autres, par la hauteur de la contemplation il s’élèvera au-dessus de lui-même, aspirant aux biens invisibles. Qu’il se garde en s’élevant vers Dieu d’être inattentif aux misères du prochain, ou en se faisant tout proche des misères du prochain d’abandonner la recherche de Dieu.

Voyez :

Paul (…) est introduit dans les secrets du ciel, et cependant, se mettant de tout son cœur à leur niveau, il pénètre la chambre de pauvres êtres de chair ; cet œil du cœur que, élevé si haut, il fixa sur les réalités invisibles, il l’abaisse, saisi de compassion, jusqu’aux secrets de leur faiblesse (…).

Voyez :

Moïse, fréquemment, entre dans la Tente et en sort. Il est au-dedans ravi dans la contemplation, il est pressé au-dehors par les besoins de gens qui souffrent. Au-dedans, il médite les secrets de Dieu, au-dehors il porte le fardeau de pauvres hommes (…) Car la charité s’élance merveilleusement vers les hauteurs quand elle se laisse miséricordieusement attirer en bas vers les misères du prochain ; et plus elle descend avec amour vers les faiblesses, plus elle reprend avec force son élan vers les sommets.

Que les supérieurs se montrent tels que leurs inférieurs ne rougissent pas de leur faire connaître jusqu’à leurs maux cachés. Ainsi, quand ils sont agressés par les flots de la tentation, les petits pourront se réfugier près du cœur de leur pasteur comme sur le sein d’une mère, et s’ils se voient déjà souillés par le mal qui les tourmente, ses encouragements consolants, les larmes de sa prière, les purifieront.