10 janvier 2026.
Le Jour que fit le Seigneur
D’une Homélie de saint Grégoire de Nysse (4ème siècle)
« Voici le jour que fit le Seigneur ». Cette prophétie ne nous propose rien de dur ni de difficile, mais la joie, le bonheur et l’allégresse, car elle ajoute : joie et allégresse pour nous ce jour-là. Oh la belle occupation ! Oh l’agréable prescription ! Qui tarde à obéir à de tels ordres ? Qui ne se sent lésé par le moindre retard à les exécuter ? Il s’agit de nous réjouir, on nous commande l’allégresse : par-là est effacée la condamnation prononcée sur le péché, et notre tristesse est changée en joie.
C’est une sage maxime qui veut qu’aux jours de joie, on oublie les maux. Ce jour nous a apporté l’oubli de la première sentence portée contre nous. Que dis-je ? Non pas l’oubli, mais l’annulation. Il a entièrement effacé tout souvenir de notre condamnation. Avant lui, l’enfantement se passait dans la souffrance, maintenant notre naissance est sans douleur : c’est qu’alors nous étions chair et naissions de la chair, tandis que ce qui naît maintenant est esprit, issu de l’esprit. Hier, nous naissions enfants des hommes, aujourd’hui nous naissons enfants de Dieu. Hier, nous étions rejetés du ciel sur la terre, aujourd’hui l’envoyé céleste nous a fait citoyens du ciel.
Que devons-nous faire alors, sinon imiter dans leurs bonds les montagnes et les collines prophétiques ? « Les montagnes, nous dit-on, sautèrent comme des béliers et les collines comme des agneaux ». Venez donc, crions de joie devant le Seigneur qui a brisé la puissance de l’ennemi et qui dresse pour nous le grand trophée de la croix, dans la ruine de son adversaire. Faisons monter notre cri de guerre : ce cri de guerre, c’est un chant de victoire que les vainqueurs lancent contre les vaincus.
