Mercredi de la 18ème semaine du T.O

5 août 2026.

Années Paires

Jl 3, 1 – 4, 8

Les deux actions de l’Esprit

Méditation du Cardinal Daniélou (20ème siècle)

         La prophétie de Joël : “Il arrivera dans les derniers jours, que je répandrai mon Esprit sur toute chair” ; se réalise au jour de la Pentecôte. Ces mots “derniers jours” marquent une fois de plus le caractère eschatologique de la réalité missionnaire, c’est-à-dire que nous sommes vraiment dans le dernier temps. Un dernier temps qui peut durer longtemps, mais qui est le dernier, puisque c’est celui qui précède la parousie…

   Comment cette effusion de l’Esprit sur les Apôtres se manifeste-t-elle dans l’Église ? Déjà dans l’Ancien Testament, mais surtout dans le Nouveau, elle présente deux aspects fondamentaux. En effet elle a une double fin : la première, c’est de nous sanctifier en opérant en nous la vie divine ; l’Esprit-Saint reçu au baptême nous transforme peu à peu en développant en nous l’intelligence des choses de Dieu par la foi, et l’amour de Dieu et des autres par la charité ; il accroît en nous l’espérance qui nous fait adhérer aux réalités divines, en nous donnant ses dons qui sont pour nous comme des antennes nous permettant d’être plus proches des réalités spirituelles, et capables de capter en quelque sorte les touches de Dieu. Nous sommes à présent capables d’être enseignés et conduits par l’Esprit. Les fruits du Saint-Esprit sont alors cette psychologie infiniment délicate et merveilleuse de l’âme chrétienne par laquelle toutes ces vertus parfaites de longanimité, de pureté, de sainteté, de bonté, se développent en nous sous l’action de l’Esprit.

  C’est là donc une première action de l’Esprit qui agit en chacun de nous et nous transforme. Mais il y en a une seconde, directement orientée vers la mission. L’Esprit nous habilite, nous rend capables de porter témoignage et par conséquent d’évangéliser, en nous donnant ce qu’on appelle les charismes. Ce sont, d’après la définition des théologiens : un don de Dieu qui est fait en vue d’une œuvre extérieure ; ce don n’est pas lié à la sainteté personnelle, bien que sa plénitude et son développement en dépendent, mais il est lié à la fonction elle-même.