18 juillet 2026.
Ô bouche bienheureuse !
Par saint Nicolas Cabasilas (14ème siècle)
Lorsque Dieu voulut tirer Ève du côté d’Adam, il ne le prévint pas et ne chercha pas à le persuader de lui livrer son flanc, mais il l’endormit pour l’opérer. Au contraire, quand il s’agit de la Vierge Marie, il commença par l’avertir et attendit son acte de foi avant d’accomplir son œuvre.
De même, au moment de créer Adam, Dieu s’adresse uniquement à son Fils en disant : « Faisons l’homme ». Mais lorsqu’il s’agit d’introduire en ce monde son Premier-né, cet « admirable conseiller », et de façonner le second Adam, il fait participer la Vierge à son dessein.
Ce « grand dessein » dont parle Isaïe, Dieu le proposa, et la Vierge le ratifia. L’Incarnation ne fut pas seulement l’œuvre du Père qui voulut bien, de sa Puissance qui fit sa demeure, et de l’Esprit qui couvrit la Vierge de son ombre, mais elle fut aussi l’œuvre de la volonté et de la foi de la Vierge. Sans le Père, sa Puissance et son Esprit, un tel projet ne pouvait s’élaborer ; sans la volonté et la foi de la Toute-Pure, le conseil divin ne pouvait se réaliser.
(…) « Voici la servante du Seigneur… » ; « Et le Verbe s’est fait chair »
A la voix de la Vierge, la vraie lumière se leva ; celui qui éclaire tout homme venant en ce monde prit chair et fut porté dans son sein. Ô voix sainte ! Ô bouche bienheureuse qui ramène de l’exil l’univers entier ! Ô trésor de ce cœur qui, par quelques mots, déverse sur nous l’abondance de ses biens !
