30 juillet 2026.
Années Paires
Jb 38, 1-30 ; 40, 1-5
Le Seigneur de la mer
D’une homélie du pape Benoît XVI (21ème siècle)
Jésus menace le vent et ordonne à la mer de se calmer, il l’interpelle comme si celle-ci s’identifiait au pouvoir diabolique. En effet … dans la Bible la mer est considérée comme un élément menaçant, chaotique, potentiellement destructeur, que seul Dieu, le Créateur, peut dominer, gouverner et apaiser.
Il existe cependant une autre force – une force positive – qui anime le monde, capable de transformer et de renouveler les créatures : la force de l’«amour du Christ »… qui, n’est pas essentiellement une force cosmique, mais divine, transcendante.
Il agit également sur le cosmos mais, en lui-même, l’amour du Christ est un pouvoir « autre », et le Seigneur a manifesté cette altérité transcendante lorsqu’il avait fait sortir les juifs à travers les eaux de la Mer Rouge… Le geste solennel de calmer la mer en tempête est clairement le signe de la domination du Christ sur les puissances négatives et incite à penser à sa divinité : « Qui est-il donc – se demandent émerveillés et craintifs les disciples -, pour que même le vent et la mer lui obéissent ». Leur foi n’est pas encore solide, elle est en train de se former ; c’est un mélange de peur et de confiance ; l’abandon confiant de Jésus au Père est en revanche total et pur. C’est pourquoi Il dort pendant la tempête, absolument en sécurité entre les bras de Dieu. Mais le moment viendra où Jésus éprouvera la peur et l’angoisse : lorsque son heure viendra, il sentira sur lui le poids des péchés de l’humanité, comme une marée montante qui va s’abattre sur Lui. Il s’agira alors d’une tempête terrible, non pas d’une tempête cosmique, mais spirituelle. Ce sera le dernier assaut extrême du mal contre le Fils de Dieu.
Mais en cette heure, Jésus ne douta pas du pouvoir de Dieu le Père et de sa proximité, même s’il dut faire pleinement l’expérience de la distance de la haine à l’amour, du mensonge à la vérité, du péché à la grâce.
