8 août 2025.
Saint Dominique
Témoignage du Frère Ventura prononcé lors du procès de canonisation de saint Dominique
Vers la fin du mois de juillet, le bienheureux Dominique fut de retour de la Curie du Seigneur Hugolin, alors évêque d’Ostie. Il rentra exténué, car la chaleur était accablante, et, malgré sa fatigue extrême, une grande partie de la nuit se passa à traiter des affaires de l’Ordre avec frère Rodolphe et moi-même qui venais d’être élu prieur. Frère Rodolphe qui voulait dormir, le pria d’aller se reposer et de ne pas se lever la nuit pour Matines. Mais lui, au lieu d’acquiescer à sa demande, entra dans l’église et y passa la nuit en prière. Et néanmoins, il assista à Matines, comme je l’ai su par les frères et par frère Dominique lui-même. Après Matines, les frères me dirent qu’il souffrait de la tête ; et c’est à ce moment que se déclara la maladie qui devait le conduire vers le Seigneur.
Tout le temps qu’elle le tint couché, il refusa de s’étendre sur un lit, se contentant d’un sac de laine. Il faisait appeler près de lui les frères novices, les consolant et les exhortant au bien avec des paroles très douces et un visage souriant. C’est ainsi qu’il supportait sa maladie et toutes ses souffrances, avec tant de patience qu’il ne laissait échapper ni une plainte, ni un gémissement. Bien plus, il paraissait toujours souriant et joyeux.
Comme le mal s’aggravait, on fit transporter le malade à Sainte-Marie-du-Mont, car cet endroit est plus salubre. Se croyant près de mourir, il appela le Prieur et les frères. Je m’y rendis avec une vingtaine de frères, et quand nous fûmes autour de lui, étendu sur sa couche, il commença à prêcher : il nous fit un sermon très beau et très touchant, le plus édifiant que j’ai jamais entendu de sa bouche. Ensuite on lui donna l’Extrême Onction.
Sur ces entrefaites, on me dit que le moine chargé de l’église de Sainte-Marie-du-Mont prétendait, si le Bienheureux mourait là, empêcher qu’on l’emportât et voulait le faire ensevelir dans cette église. Je rapportais cela au frère Dominique. « À Dieu ne plaise, me répondit-il, que je sois enseveli ailleurs que sous les pieds de mes frères ! Portez-moi sur la route afin que j’y meure et que vous puissiez me donner la sépulture dans votre église ». Les frères le soulevèrent et le ramenèrent à l’église Saint-Nicolas de Bologne, tremblant qu’il mourût en chemin.
Quand il y fut, quelques instants après, frère Dominique nous dit : « Commencez ». Nous commençâmes l’Office de la recommandation solennelle de l’âme. Il me sembla au mouvement des lèvres qu’il disait les prières avec nous. Il expira pendant la cérémonie.
