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6ème dimanche du T.O

Années paires

1 Th 1, 1 – 2, 12

La mort, une naissance

Méditation de Maurice Bellet (20ème siècle)

14 février 2026.

 

Quand le Christ parle du ciel et de l’enfer, c’est pour annoncer une liberté primordiale et redoutable qui fait de chaque homme le sujet de sa propre vie. (…)

Le Christ annonce la vie : « Je suis la vie », « Je donne la vie », je donne ma vie pour que vous viviez. Le christianisme n’est pas la religion de la mort ; et si la mort y parait au premier plan (car le signe chrétien, n’est-ce pas le crucifié ?) c’est…justement parce que la mort n’est pas le fond et la fin de l’existence, mais que cette fin et ce fond, c’est la vie.

La vie éternelle commence maintenant ; en sorte que, vivants en ce monde, nous sommes déjà vainqueurs de la mort et délivrés de son angoisse. Croire en la résurrection, c’est renoncer sans doute à l’immortalité de nos œuvres, de nos pensées, de nos amours ; c’est renoncer encore à les vouloir absolus dans l’instant. Mais c’est aussi bien connaître leur valeur éternelle, c’est-à-dire absolue, jusque dans ce qu’elles ont inexorablement de contingent et de mortel.

La foi en la vie éternelle transfigure obscurément la vie. Elle n’enlève rien à sa dureté : le Christ lui-même meurt, et ce n’est pas dans une paisible résignation qu’il traverse le feu de l’agonie ! Et il est vrai qu’en un sens, tout est fini à la mort ; car la mort n’est pas une illusion. Le chrétien, devant le cadavre de celui qu’il aime, est bien devant un cadavre, et comme tout homme, il éprouve un déchirement. La foi ne dispense de rien. Toutefois, ce que la foi espère, ce qu’elle ne connaît que dans les « arrhes de l’Esprit », fait que la mort même, est pour le croyant naissance : sauf si l’on refuse la vie véritable, tout va à la vie, et non à la mort.